Discrète couturière, Ghislaine Lucie Gonzales Anet laisse le souvenir d’une femme douce, talentueuse et profondément attachée à son art.
Dans son atelier de la Cité des Arts, elle composait des silhouettes avec une rare noblesse et justesse tranquille.
Ses modèles semblaient parfois prendre vie comme des mannequins véritables, charnels, généreux, portés par un équilibre subtil des volumes.
Grande, elle aurait pu évoquer un mannequin vivant, à la chair généreuse, au visage beau et au teint métissé.
Elle maîtrisait la composition, l’agencement chromatique et le dialogue des formes, transformant chaque habit en une expression silencieuse singulière.
Chez elle, la couture devenait un art de mesure, où coupes, matières, couleurs et volumes servaient la personne exactement.
Elle savait lire une silhouette, comprendre ses proportions, écouter ses envies et corriger doucement ce qui devait l’être visuellement.
Aucune coupe n’était gratuite ; chaque longueur, chaque découpe, chaque matière répondait à une intention précise, presque secrète, toujours juste.
Cette élégance sobre se retrouvait dans ses créations, où la noblesse des tissus rencontrait la précision des finitions couturières.
Épouse d’Anet Christophe, propriétaire du restaurant Le Christophoro, elle avait partagé un univers où goût, exigence et discrétion comptaient.
Mais derrière ce parcours et cette maîtrise, Lucie demeurait humble, discrète, presque effacée, comme si elle rasait les murs.
Sa douceur rappelait celle de sa mère, une tendresse familiale qu’elle portait avec naturel, sans jamais la proclamer bruyamment.
Elle était aussi la sœur de Smalto, chanteur reggae attaché au Nyabinghi, dont la silhouette et l’allure évoquaient parfois étrangement Bob Marley.
Depuis son décès, la famille Anet traverse ces heures douloureuses avec courage, entourée de proches et d’amis fidèles nombreux.
Ce dimanche 16 août, les condoléances entamées hier se poursuivent de 17h à 19h au domicile familial, avant la messe dominicale.
Mercredi 19 août, une veillée réunira les proches de 19h à 21h à l’église Saint-Antoine de Padoue, à Moossou.
Samedi 22 août, la levée du corps précédera la messe à Notre-Dame du Perpétuel Secours, Treichville, puis le transfert.
Le cortège fera escale au domicile familial avant de rejoindre le cimetière municipal de Grand-Bassam, route d’Azurétti, ensuite finalement.
Le dimanche suivant, une messe de suffrage sera célébrée à 10h à Saint-Antoine de Padoue, puis viendra l’échange familial.
AK
POUVOIRS MAGAZINE

