Le 8 mai 2026 marque les cinquante-quatre ans de Guillaume Kigbafori Soro, ancien chef rebelle devenu figure centrale de l’État ivoirien.
Malgré l’exil, l’érosion de son influence politique et les procédures judiciaires persistantes, son nom continue d’alimenter débats, fidélités et fractures dans le paysage politique national.
Ce 8 mai 2026, Guillaume Kigbafori Soro célèbre cinquante-quatre années d’une trajectoire politique. Parmi les plus singulières de l’histoire ivoirienne contemporaine.
Né à Kofiplé, dans la sous-préfecture septentrionale de Diawala, il grandit dans un environnement que l’engagement politique paternel familial précoce façonne.
Très tôt, l’ancien secrétaire général de la Fesci impose une personnalité combative, stratégique. Et profondément influente dans l’espace estudiantin ivoirien national.
Surnommé « Le Che » ou encore « Bogota », il devient progressivement une figure incontournable des mouvements politiques ivoiriens de jeunesse engagée.
Son ascension politique s’accélère véritablement après les crises nationales. Jusqu’à devenir Premier ministre conformément aux accords historiques de Ouagadougou signés.
De 2007 à 2012, il dirige le gouvernement ivoirien avant d’accéder ensuite au prestigieux perchoir parlementaire national sous Alassane Ouattara durablement.
Le 12 mars 2012, Guillaume Soro devient officiellement président de l’Assemblée nationale, occupant alors constitutionnellement la deuxième place étatique ivoirienne importante.
Durant cette période, il multiplie voyages diplomatiques, initiatives sociales, plaidoyers environnementaux ainsi que discours favorables à une croissance nationale inclusive.
Alassane Ouattara dira publiquement de lui : « C’est mon fils ; il a beaucoup appris à mes côtés politiquement durablement. »
Mais les relations entre les deux hommes se détériorent progressivement, jusqu’à une rupture politique ouverte suivie d’un long exil international douloureux.
Depuis l’étranger, Guillaume Soro affirme régulièrement : « Je n’ai aucun problème personnel avec Ouattara ; l’élection présidentielle doit rester inclusive absolument. »
Il rappelle également avoir été contraint de quitter la Côte d’Ivoire. Avant de s’installer durablement en France puis dans plusieurs autres pays.
De là-bas, il assiste impuissant à la disparition de plusieurs proches. Notamment Touré Lasseni, décédé le 1er mai 2026 récemment encore.
Malgré mandats d’arrêt, procédures judiciaires et condamnations prononcées contre lui, il demeure, malgré une cote fortement diminuée, une personnalité observée attentivement.
À cinquante-quatre ans aujourd’hui, Guillaume Soro continue d’incarner une mémoire politique faite d’alliances, de ruptures et d’ambitions nationales persistantes durables.
ETHAN GNOGBO
Photo : DR
POUVOIRS MAGAZINE

