16 juillet: Lobognon, de quoi être heureux

5 mois

Né le 16 juillet 1968 à Fresco, Alain Lobognon reste une figure controversée de la vie politique ivoirienne récente.

Formé en Histoire, option relations internationales, il obtient une licence et un certificat C2 à l’université d’Abidjan.

Il rejoint le RDR dès 1994, à une époque où le parti se structure autour d’une opposition radicale au pouvoir.

Durant les années de crise, Lobognon s’aligne ouvertement avec la rébellion, proche des cercles stratégiques de Guillaume Soro.

En 2011, après la crise postélectorale, on le nomme ministre dans le gouvernement Soro, chargé de la jeunesse et du civisme.

Son action vise alors à organiser l’insertion des jeunes dans une Côte d’Ivoire que dix ans de violences politiques ont fragilisé.

Il fait adopter une Politique nationale de la Jeunesse, puis prend en main les Sports et Loisirs dans un contexte tendu.

Sa gestion ministérielle s’achève en mai 2015 sur fond de scandale concernant les primes impayées de la CAN 2015 gagnée.

Le flou autour de plus de 700 millions CFA et les accusations croisées l’écartent brutalement du gouvernement Kablan Duncan.

En 2019, il est condamné à un an de prison pour diffusion de fausses nouvelles et troubles à l’ordre public.

Il est de nouveau incarcéré en 2019 pour une supposée implication dans une tentative d’atteinte contre l’autorité de l’État.

Proche de Guillaume Soro, il fait partie des figures visées lors de la rupture entre ce dernier et le pouvoir central.

On le condamne à 17 mois de prison en 2021. On le libère après avoir purgé sa peine liée aux troubles publics.

Entre engagement politique et postures radicales, Lobognon a souvent flirté avec les limites de l’espace démocratique ivoirien.

Il quitte son parti en 2021, et prend du recul sur ses années d’activisme au sein de l’opposition armée et civile.

Il s’est aussi illustré par des prises de position symboliques, comme lors de l’hommage aux auteurs de L’Abidjanaise en 2013.

Aujourd’hui, son nom reste associé à une période agitée, marquée par les dérives d’un engagement parfois conflictuel et frontal.

En ce 16 juillet, nous lui souhaitons sobrement un bon anniversaire, dans l’espoir d’un avenir plus apaisé et constructif.

JULIEN BOUABRE

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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