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22 avril 2025 – 22 avril 2026 : un an après, l’ombre persistante de la radiation de Tidjane Thiam

Il y a un an, jour pour jour, une décision de justice bouleversait le paysage politique ivoirien. Depuis, l’ancien patron de banque vit loin de son pays, entre incertitudes politiques et éloignement forcé.

Le 22 avril 2025 reste une date charnière dans l’histoire politique récente de la Côte d’Ivoire. Ce jour-là, Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), était radié de la liste électorale par décision de justice. Un an plus tard, le 22 avril 2026, cette décision continue de produire ses effets, tant sur le plan politique que personnel.

À l’origine de cette radiation, un argument juridique. La justice ivoirienne a estimé que l’ancien banquier avait perdu sa nationalité ivoirienne. C’était au moment de son inscription sur la liste électorale en 2022. Une interprétation qui a immédiatement suscité une vive controverse. Tant au sein de la classe politique que dans l’opinion publique.

Dans les jours qui ont suivi la décision, la tension est rapidement montée. À Abidjan, des milliers de militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire sont descendus dans la rue. Ils ont dénoncé ce qu’ils considéraient comme une injustice. Les 3 et 4 mai 2025, plusieurs manifestations ont rassemblé une jeunesse mobilisée.

Une jeunesse déterminée à exiger la réintégration de leur leader dans le processus électoral.

Les slogans étaient sans équivoque. Pour de nombreux partisans, l’absence de Tidjane Thiam sur la liste électorale remettait en cause la crédibilité même de l’élection présidentielle prévue quelques mois plus tard. Certains responsables du parti évoquaient déjà une « ligne rouge ». Tandis que d’autres dénonçaient une instrumentalisation de la justice.

Un an après, le paysage a changé. Écarté du processus électoral et fragilisé politiquement, Tidjane Thiam vit désormais à l’étranger, dans une situation que ses proches qualifient d’exil de fait. Loin d’Abidjan, celui qui incarnait l’espoir de renouveau pour une partie de l’opposition ivoirienne observe à distance l’évolution de la scène politique nationale.

Cette absence prolongée alimente interrogations et spéculations. S’agit-il d’un retrait stratégique ou d’une contrainte imposée par le contexte politique et judiciaire ? Officiellement discret, l’ancien dirigeant de banque internationale n’a pas totalement disparu du débat public, mais son éloignement physique pèse sur sa capacité à mobiliser.

Pendant ce temps, la vie politique ivoirienne a poursuivi son cours.

Le président Alassane Ouattara, figure centrale du pouvoir, continue de structurer le jeu institutionnel, tandis que d’autres opposants, à l’image de Laurent Gbagbo, restent eux aussi confrontés à des contraintes judiciaires limitant leur participation électorale.

Un an après la radiation de Tidjane Thiam, une question demeure : cette décision a-t-elle redéfini durablement les règles du jeu politique en Côte d’Ivoire ? Pour ses partisans, elle marque une rupture. Pour ses détracteurs, elle relève de l’application stricte du droit.

Mais au-delà du débat juridique, le 22 avril 2025 symbolise désormais un tournant. Celui d’un homme écarté du processus électoral et d’un pays confronté, une fois de plus, aux tensions entre droit, politique et démocratie.

Un an après, le silence de l’exil contraste avec le bruit des manifestations d’hier. Et rappelle que, en politique, certaines dates ne s’effacent jamais vraiment.

FATEM CAMARA

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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