13 mars 2016 – 13 mars 2026 : dix ans après Grand-Bassam, Henrike, l’art et la mémoire contre l’oubli

1 mois

Dix ans après l’attaque terroriste qui a frappé Grand-Bassam, le souvenir demeure vif. Parmi les victimes figurait l’ethnologue allemande Henrike Grohs.

Le 13 mars 2026 marque le dixième anniversaire de l’attaque terroriste qui a ensanglanté la station balnéaire de Grand-Bassam.

Dix années se sont écoulées depuis cette journée tragique où la violence djihadiste frappa brutalement la Côte d’Ivoire.

Ce dimanche 13 mars 2016, des hommes armés ouvrirent le feu sur la plage du quartier France.

La fusillade provoqua la panique parmi les baigneurs, les restaurateurs et les visiteurs venus profiter du calme de la mer.

Le bilan officiel fut lourd : dix-neuf morts et plus de trente blessés dans cette attaque revendiquée par des terroristes.

Parmi les victimes figurait l’ethnologue allemande Henrike Grohs, directrice du Institut Goethe à Abidjan.

Âgée de cinquante-et-un ans, elle dirigeait depuis 2013 ce centre culturel allemand très actif dans la vie artistique ivoirienne.

Passionnée de culture africaine, elle était une femme débordante d’énergie et d’idées.

Beaucoup d’artistes ivoiriens voyaient en elle une véritable alliée du dialogue culturel entre l’Europe et l’Afrique.

Amoureuse de musique reggae et fervente promotrice des échanges artistiques, elle était très appréciée dans le milieu culturel.

Ce jour tragique, elle se trouvait sur la plage lorsqu’elle fut mortellement atteinte par les tirs des assaillants.

À quelques pas de cette scène de terreur se trouvait également l’artiste ivoirien Jems Robert Koko Bi.

Le sculpteur, profondément marqué par la tragédie, gardera pour toujours l’image de cette journée gravée dans sa mémoire.

Depuis lors, son œuvre porte les traces de cette violence qui a brisé des vies et traumatisé un pays.

Dans son atelier, il sculpte depuis des années des jambes monumentales taillées dans le bois.

Certaines de ces sculptures évoquent les corps blessés, mutilés ou marqués par les tragédies humaines contemporaines.

L’une de ces jambes, particulièrement imposante, est pensée comme une prothèse symbolique pour son propre neveu amputé.

À travers ces formes puissantes, l’artiste transforme la douleur intime et collective en langage artistique universel.

Installé entre l’Allemagne et la Côte d’Ivoire, Jems Robert Koko Bi incarne un artiste de mémoire et de passage.

Son travail rappelle que l’art ne peut effacer les tragédies mais peut empêcher leur effacement dans l’oubli.

Dix ans après le 13 mars 2016, Grand-Bassam demeure ainsi un lieu de mémoire et de résilience nationale.

Depuis l’attaque du 13 mars 2016 à Grand-Bassam, la peur persiste encore chez de nombreuses personnes. À cause de cette inquiétude, les maquis et restaurants sont de moins en moins fréquentés. Plusieurs établissements fonctionnent au ralenti, certains ont même fermé, faute de clients et de moyens.

FATEM CAMARA

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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