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Rien ne va plus. La filière cacao est prise dans la tourmente. Pourtant, le 16 février 2026, le Conseil café-cacao (CCC) affichait une sérénité désarmante.

« Le prix d’achat bord champ garanti du cacao fixé à 2.800 FCFA le kg reste inchangé jusqu’au 31 mars », annonçait cet organe de régulation de l’État.

Sur les 100.000 tonnes de fèves invendues, le CCC rachèterait 60.000 tonnes aux producteurs, et l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA, structure privée) prendrait en charge la différence. Échec et mat.

Le 4 mars, l’État a réaménagé le calendrier des campagnes commerciales du cacao, en catastrophe. La campagne intermédiaire ne commence plus le 1er avril (qui est un poisson d’avril), mais le 1er mars. Il en fixe également le prix, qui connaît une réduction drastique de 57,14 %, passant de 2.800 FCFA pour la campagne principale à… 1.200 FCFA. Prix que les acheteurs véreux et sans scrupules ne respectent même pas sur le terrain.

L’or brun, l’une des mamelles de l’économie ivoirienne, est en pleine tempête. D’un côté, la crise du surstockage, face à laquelle l’État, avec un nouveau ministre de l’Agriculture, se trouve impuissant.

De l’autre, la filière subit la rude loi du marché.

L’État ivoirien, fier d’afficher sa puissance agricole, produit massivement des récoltes qu’il ne transforme presque pas, et dont les cours mondiaux ne dépendent pas de lui.

Alors que la demande mondiale de chocolat est devenue atone, l’exportation des fèves de cacao s’est automatiquement tassée. D’où une offre largement supérieure à la demande et, ipso facto, la chute brutale des cours mondiaux. Ils sont passés de 11.000 dollars américains la tonne en 2024 à 2.900 dollars la tonne actuellement.

Dans les années 1980, Félix Houphouët-Boigny a vécu une sévère récession économique avec l’effondrement brutal des cours mondiaux du cacao. Déclarant la guerre aux « irresponsables spéculateurs responsables de nos malheurs », il a bloqué les exportations de cacao en 1987. Mais il a perdu la bataille.

Les conséquences qui s’en sont ensuivies dans un pays exsangue seront cruciales en 1990. La Côte d’Ivoire sera placée sous ajustement structurel, le multipartisme sera proclamé et un Premier ministre nommé. Tout cela pour la première fois depuis l’indépendance du pays.

Trente-six ans plus tard, le chef du gouvernement, devenu président de la République, connaît sa propre alerte cacaoyère.

F. M. Bally

photo:dr

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