De Nairobi à Accra, des gouvernements africains dénoncent l’enrôlement de leurs ressortissants par Moscou, sur fond de désinformation, de précarité et de réseaux criminels transnationaux.
De Nairobi à Accra, plusieurs capitales africaines s’inquiètent désormais ouvertement du recrutement de leurs ressortissants dans l’armée russe.
Selon les autorités de Kiev, au moins 1 780 combattants issus de trente-six pays africains seraient engagés aux côtés de Moscou.
Un rapport de l’organisation Inpact, intitulé « Le business du désespoir », recense déjà 1 417 Africains présents sur le front ukrainien.
Au Kenya, la justice a inculpé un homme soupçonné d’avoir facilité l’envoi de centaines de recrues vers la Russie.
Le gouvernement kényan a annoncé vouloir se rendre à Moscou afin d’exiger la fin immédiate de ces enrôlements.
L’ambassadeur russe à Nairobi, Vsevolod Tkachenko, a nié toute implication officielle dans ces départs controversés et massivement dénoncés.
À Accra, le ministre ghanéen des affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, s’est rendu à Kiev pour plaider deux détenus.
Il y a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky afin d’évoquer le sort préoccupant de ses compatriotes engagés malgré eux.
Selon le chef de la diplomatie ghanéenne, ces hommes auraient été victimes de manipulation orchestrée par des réseaux criminels transnationaux.
Promesses d’emplois décents, contrats mensongers et désinformation numérique composeraient l’arsenal employé pour attirer des candidats vulnérables et désespérés.
Dans un contexte de chômage persistant et de précarité sociale, ces offres trompeuses trouvent un écho tragiquement fertile.
Face à cette réalité, plusieurs gouvernements africains tentent désormais d’endiguer un phénomène mêlant exploitation humaine et calculs géopolitiques.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

