Le jeune bloggeur qu’ils ont menotté est mort

9 mois

Albert Ojwang est mort dans une cellule de la police de Nairobi dans la nuit du 7 au 8 juin.
La police affirme qu’il s’est suicidé, mais sa famille conteste fermement cette version jugée peu crédible et douteuse.


Des organisations de défense des droits humains demandent une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur ce décès troublant.
On a annoncé une autopsie pour le lundi 9 juin, alors que la tension monte dans les rues de Nairobi.
À l’annonce de la mort d’Ojwang, les réseaux sociaux ont explosé sous le hashtag #JusticeForAlbertOjwang, appelant à la mobilisation nationale.
Des dizaines de manifestants se sont rassemblés devant la morgue, exigeant des réponses claires et une justice impartiale.
Des pancartes réclamaient la démission du président William Ruto, rappelant les slogans antitaxes des protestations de juin 2024.
Le père d’Ojwang raconte qu’il a été arrêté pendant un déjeuner à son domicile, sans mandat, sans justification valable.
Les policiers lui auraient reproché un post sur X visant Eliud Lagat, haut responsable de la police kényane.
Ils ont menotté Ojwang, sans expliquer clairement les motifs de son arrestation, dans une ambiance d’intimidation flagrante.
Le corps du jeune blogueur présentait des marques de strangulation et des ecchymoses sur tout le corps, selon les médecins.
La version officielle du suicide est contredite par des lésions multiples, décrites comme infligées de manière externe et violente.

Des traces de sang au nez et à la bouche renforcent la thèse d’un passage à tabac en cellule policière.

La police soutient qu’Ojwang s’est cogné lui-même contre le mur, une explication jugée grotesque par ses proches.
Ce drame rappelle d’autres cas de morts suspectes en détention, souvent dissimulées derrière des versions policières fabriquées.
La mort d’Ojwang illustre le climat de répression qui règne au Kenya contre les voix critiques et indépendantes.
Depuis plusieurs mois, les blogueurs, journalistes et militants font face à une surveillance accrue et des arrestations arbitraires répétées.
La réaction populaire montre une méfiance croissante envers l’appareil sécuritaire, considéré comme instrumentalisé par le pouvoir en place.
L’affaire devient un test pour l’État de droit au Kenya et met en cause la crédibilité du gouvernement Ruto.
Plus que jamais, la société civile réclame justice, vérité et fin de l’impunité pour les violences commises sous couvert d’autorité.

JULIEN BOUABRE

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

OPINIONS

LA BLITZKRIEG TRUMPISTE

 « Pour rester libre, il faut qu’on vous craigne. Pour être craint, il faut être puissant. » Après douze jours d’embourbement en Iran, en

DU MEME SUJET

La Russie recrute des combattants africains

De Nairobi à Accra, des gouvernements africains dénoncent l’enrôlement de leurs ressortissants

Festus arrêté pour trafic d’être humain

Arrestation spectaculaire d’un acteur-clé présumé d’un réseau de traite de Kényans envoyés