Après cent dix années d’absence, le tambour sacré atchan, le Djidji Ayôkwé, s’apprête à regagner Abidjan. À Paris, la signature officielle du transfert consacre une restitution historique et ouvre une nouvelle ère culturelle.
La Côte d’Ivoire s’apprête à retrouver l’écho puissant de sa mémoire longtemps confisquée coloniale.
Dans quelques semaines, le majestueux Djidji Ayôkwé regagnera enfin la lagune Ébrié et ses terres natales.
Long de près de trois mètres et pesant environ quatre cent trente kilogrammes.
Ce tambour parleur, véritable transmetteur de nouvelles du peuple atchan, fut arraché en 1916.
Après plus d’un siècle d’absence forcée, son retour prend une dimension historique et symbolique.
La cérémonie officielle s’est tenue le 20 février au musée parisien.
Dans le foyer du Musée du quai Branly – Jacques Chirac, l’émotion était palpable et partagée.
Salle comble, lumières tamisées, rythmes de tambours et projections retraçaient le long combat diplomatique.
Au cœur de l’événement, la signature de l’acte officialisant le transfert définitif propriété.
La ministre ivoirienne Françoise Remarck a paraphé aux côtés de Rachida Dati.
Pour Abidjan, cette restitution dépasse largement le simple geste symbolique attendu.
Elle incarne un choix stratégique transformant une blessure historique en moteur structurel durable.
Les communautés concernées ont été consultées avant chaque décision importante.
Des coopérations scientifiques ont accompagné ce processus inédit entre les deux pays.
Des conservateurs ivoiriens ont bénéficié de formations avancées en numérisation tridimensionnelle et quadridimensionnelle.
Le laboratoire numérique national maîtrise désormais les standards internationaux de conservation patrimoniale.
Cette dynamique permettra aussi une diffusion culturelle innovante sur tout le territoire.
La Côte d’Ivoire déploiera le dispositif Micro-Folie de La Villette pour valoriser collections numérisées.
Lorsque résonnera de nouveau sa voix, une mémoire retrouvée éclairera durablement l’avenir national.
HARON LESLIE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

