Gouvernement Beugré Mambé II, élection à la MUGEFCI, prime d’incitation des enseignants… Quelques mois après la déclaration au vitriol de la Centrale Syndicale Espoir (C.S.E.), son premier secrétaire général confédéral, Pacôme Attabi, sort de sa réserve.
Quatre mois après sa réélection, dans un contexte de violence, le Président Ouattara vient de reconduire, à quelques réaménagements près, le gouvernement Beugré Mambé. Quel est votre commentaire ?
La nomination d’un gouvernement est un acte politique. La Centrale Espoir ne commente pas les décisions politiques. Elle intervient sur le terrain social, car notre ligne directrice est celle d’un syndicalisme libre et indépendant.
Pensez-vous que la reconduction de cette équipe gouvernementale soit favorable aux travailleurs. Alors que la plupart des ministres ont usé d’artifices pour saboter le dialogue sectoriel ?
Des ministres peuvent user d’artifices, comme vous le dites — ce sont vos mots — . Mais les victoires syndicales dépendent avant tout de la détermination des travailleurs et travailleuses, de la concentration sur les objectifs, de la cohérence des animateurs syndicaux et de la résilience à tous les niveaux de la chaîne de mobilisation.
Karl Marx et Friedrich Engels disaient : « L’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. »
Cela signifie que la réalisation des objectifs sociaux des travailleurs ne peut provenir que de leur propre action collective et auto-organisée, et non d’une aide extérieure, fût-elle celle d’un ministre.
La Centrale Syndicale Espoir (C.S.E.) est l’une des faîtières les plus importantes dans le maelström syndical ivoirien. Pourtant, on vous a très peu entendu dans le combat pour la prime d’incitation des enseignants. Y a-t-il une raison ?
Ce n’est pas exact. Consultez vos archives de presse et ma page Facebook : vous y verrez la contribution de la Centrale Espoir (C.S.E.) à cette lutte. N’oubliez pas que je suis moi-même enseignant et que j’attends également cette prime.
D’ailleurs, la Fédération de l’Enseignement, de la Formation et de la Recherche affiliée à la Centrale Espoir (FEFR/CE), dirigée par le confédéral Stéphane Zondé, joue un rôle clé dans ce combat.
Par ailleurs, deux éléments sont à préciser.
Premièrement, je ne dirige plus un syndicat d’enseignants ; je dirige une confédération syndicale et j’assume aussi des responsabilités syndicales au plan international.
Deuxièmement, la Centrale Espoir est implantée dans de grands groupes du secteur privé tels que Nestlé, Cémoi Côte d’Ivoire, Industrap, SIPRA (Ivograin), SAPH, etc. Nos positions doivent désormais tenir compte des intérêts stratégiques des travailleurs de ces grandes entreprises.
Vous comprenez donc qu’il n’est pas évident, pour ceux qui nous cherchent dans l’agitation permanente, de me trouver facilement. (Rires.)
Il se murmure d’ailleurs que les porteurs de cette lutte l’ont abandonnée pour la bataille du contrôle de la MUGEFCI.
Allez leur poser la question. Ils sont les mieux placés pour y répondre.
Aux dernières élections à la MUGEFCI, vous avez réalisé un score plus qu’honorable. Pourtant, alors que la prochaine élection est prévue pour mars, vous semblez plutôt discret, là où les états-majors s’agitent déjà depuis longtemps.
Je ne suis pas candidat cette année, mais je travaille à autre chose.
Cependant, la dernière élection à la MUGEFCI, à laquelle j’ai participé, m’a apporté une expérience précieuse en la matière. Cette élection ne se gagne ni dans le tapage ni dans les évidences.
Propos recueillis par Erick Fofana
photo: dr
POUVOIRS MAGAZINE

