2 semaines

L’éditorialiste Ferro Bally estime qu’entre compromissions politiques, faiblesse institutionnelle et lutte anticorruption inefficace, la Côte d’Ivoire peine à endiguer un mal devenu systémique.

Les présidents des conseils d’administration, les autorités de régulation et de surveillance des sociétés d’État, réunis au sein d’une confédération, ne se sont pas gênés. Ils auraient participé au financement de la campagne électorale du président Alassane Ouattara. A hauteur de cent millions de nos francs, en octobre 2025. Naturellement, cette action, qui transpire la corruption à mille lieues, afin soit de conserver son « tabouret », soit de rester dans les bonnes grâces du pouvoir, est passée par pertes et profits.

En Côte d’Ivoire, l’État a démissionné. Les procès au Pôle économique et financier ne sont que la face visible de l’iceberg. Seul l’ex-ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation a tenté de donner le bon exemple. Pour les examens à grand tirage (BEPC, Bac), il déployait, dans les centres d’examen, la vidéosurveillance. Et l’usage de détecteurs de métaux et la cybersurveillance.

Le Burkina Faso vient de franchir le Rubicon.

Le pays des Hommes intègres a mis sur pied le Comité de régularisation des dysfonctionnements (KORAG). Cette structure se sert d’un ensemble de moyens techniques. Comme les caméras anticorruption, pour recueillir, dans les bureaux et les espaces publics, des preuves flagrantes de pots-de-vin versés aux fonctionnaires, de gré ou de force.

Cette expérience de chasse tous azimuts aux agents véreux de tout acabit (voir vidéo ci-dessous) devrait faire tache d’huile en Côte d’Ivoire. Le chef de l’État répète à l’envi sa détermination à enrayer le cancer de la corruption et du blanchiment d’argent. Mais ses promesses accouchent d’une souris. Au point que le FBI vient de déployer, pour la deuxième fois, des agents à Abidjan. Afin de combattre ce fléau, auquel l’Oncle Sam paie un lourd tribut. Cette ingérence traduit l’échec ivoirien en la matière.

F. M. Bally

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

OPINIONS

Yann Diomandé : les faits

Face aux versions contradictoires et aux débats passionnés qui agitent les réseaux sociaux, il devient indispensable de rétablir une chronologie claire et

DU MEME SUJET

La Côte d’Ivoire recule face à la corruption

Désormais classée à la 70ᵉ place, en raison, certainement, d’une année 2025

Le clan Ouattara éclaboussé

Des dossiers rendus publics en janvier 2025 révèlent des interactions impliquant certains