Pdci. Le parti historique choisit le chaos : l’affaire Thiam

4 semaines

Après le crash du PPACI sur la piste électorale, voici désormais le PDCI-RDA qui semble décidé à s’auto-neutraliser, alors même qu’il ne dispose que d’un strapontin au Parlement.

Comment compte-t-il s’y prendre ? De la manière la plus crasseuse qui soit : en tentant de « liquider » son propre général, pourtant aguerri, au moment même où le parti aurait le plus besoin de cohésion et de lucidité.

Thiam, figure expérimentée du PDCI, apparaît aujourd’hui progressivement mis à l’écart, frappé d’ostracisme, tandis que ses adversaires externes du RHDP — Ahmadou Coulibaly, Bacongo, Touré Mamadou — exploitent chaque opportunité pour l’affaiblir et le marginaliser.

Pendant ce temps, Yacé, Emmou et Ehouo, récemment réélus députés, sont allés rendre visite à Mme Bédié, affichant ainsi leur capacité à conserver influence et légitimité politique. Thiam, lui, paie le prix d’une stratégie qui dépasse largement la simple compétition électorale. Yacé, déjà candidat malheureux face à lui lors des primaires pour la présidence du PDCI — où il n’avait recueilli que 3 % des suffrages — semble désormais adopter une posture digne d’Iznogoud : devenir calife à la place du calife.

À l’intérieur du PDCI, le tableau est encore plus préoccupant.

Guikahué, vétéran et « dinosaure » du parti, a démissionné, tandis que certains cadres semblent désormais privilégier des calculs personnels ou tactiques au détriment de l’intérêt collectif. Seul Akossi Benjo, à contre-courant, a fait le choix de placer le groupe au-dessus de ses propres ambitions, un comportement devenu trop rare dans un parti en perte de repères.

L’éviction programmée de Thiam s’appuie sur la mise en avant de ses défauts — certes réels — mais outrageusement amplifiés par une conjoncture politique défavorable. Aucun dirigeant n’est exempt de failles. Cependant, se priver volontairement de l’expertise, du réseau et de la vision stratégique d’un homme de son envergure relève d’une erreur politique majeure. Le véritable perdant de cette manœuvre n’est pas Thiam, mais bien le PDCI lui-même, et, par ricochet, la Côte d’Ivoire.

La logique des petits arrangements, des repositionnements tactiques et des jeux d’influence locaux semble désormais l’emporter sur toute vision d’ensemble. Port-Bouët, le Plateau ou Cocody ne résument ni l’État, ni la réalité politique nationale. Si la mise à l’écart de Thiam devait se confirmer, elle risquerait de coûter très cher à un parti déjà fragilisé par des tensions internes profondes et des contradictions politiques persistantes.

Se priver de l’expérience et de la lucidité d’un cadre confirmé pour des calculs à courte vue constitue une faute stratégique grave. Le PDCI est un parti de gouvernement, qui a dirigé ce pays pendant plus de trente ans. Ses dirigeants, ses élus et ses hauts cadres gagneraient aujourd’hui à prendre de la hauteur face aux épreuves actuelles, plutôt que de s’engager, une fois encore, sur des chemins subversifs et autodestructeurs.

AK

photo:dr

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