Artiste traditionnelle majeure, disparue le 19 janvier 2020, Allah Thérèse demeure une conscience musicale nationale baoulé ivoirienne vivante éternelle.
Il y a six ans aujourd’hui, la Côte d’Ivoire perdait Allah Thérèse, voix ancestrale, mémoire chantante, dignité incarnée éternelle.
Décédée le 19 janvier 2020 à 23h10, elle s’est éteinte à l’hôpital de Djekanou après un malaise survenu matinal.
Originaire de Gbofia, village baoulé de Toumodi, elle portait son terroir comme une couronne sonore fière ancestrale patiente lumineuse.
Sa carrière commence en 1956, née d’une douleur intime transformée en mission artistique durable pour marquer le temps humain.
Avec N’Goran la Loi, accordéoniste et époux, elle forma un duo indissociable, fidèle, profondément harmonique baoulé rural cérémoniel légendaire.
Leur musique Agbirô, pieds nus et pagne baoulé, faisait dialoguer traditions, funérailles, louanges, vie collective ancestrale rituelle vivante transmise.
Toujours coiffée d’Akôrou Koffié, la femme araignée, elle tissait patience, courage, mémoire, avenir pour son peuple baoulé ivoirien éternel.
Admirée par Félix Houphouët-Boigny, elle chanta l’État, la nation, l’espérance.
Sans jamais trahir l’âme populaire rurale africaine profonde authentique.
Ses tournées en France, Bénin, Ghana, Togo, Espagne, portèrent Gbofia vers des scènes fraternelles ouvertes respectueuses curieuses mémorielles durables.
Sept albums jalonnent ce parcours, de Nanan Bobigny à Begnansou Moayé, signatures d’une constance artistique patiente enracinée courageuse exemplaire.
Distinguée Chevalier en 2012, puis Commandeur à titre posthume, la Nation salua enfin son génie culturel ivoirien majeur incontestable.
Ses chants étudiés à l’université prouvent qu’une tradition locale peut devenir patrimoine mondial vivant africain partagé respecté transmis durablement.
Fidèle à ses racines, elle avançait pieds nus, chasse-mouches en main, souveraine tranquille baoulé libre digne patiente humble fière.
Rejoignant N’Goran la Loi, compagnon de toujours, elle repose désormais à Gbofia auprès des ancêtres baoulé aimants protecteurs éternels.
Six ans après, son absence éclaire paradoxalement nos mémoires, rappelant l’urgence de transmettre la culture baoulé ivoirienne vivante aujourd’hui.
Allah Thérèse demeure, par la chanson, une présence agissante, maternelle, indélébile, pour l’avenir culturel ivoirien africain partagé espérant durable.
HARON LESLIE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
