Alors que l’Afrique voit sa capitalisation boursière croître, sa contribution à la finance mondiale reste marginale et fortement concentrée.
Depuis 25 ans, la capitalisation boursière africaine est multipliée par 27 pour atteindre 560 milliards de dollars en 2024.
Pourtant, les entreprises africaines n’ont levé que 1 % des capitaux propres au niveau mondial depuis le début du millénaire.
Cette situation montre clairement que le potentiel financier africain est largement sous-exploité sur la scène internationale.
La concentration des marchés africains est frappante et inquiète les observateurs économiques et financiers.
En effet, l’Afrique du Sud, le Maroc et l’Égypte détiennent à eux seuls 80 % de la capitalisation boursière totale sur le continent.
Le volume des transactions reste faible et les entreprises cotées souffrent encore de faibles pratiques de gouvernance et de transparence.
Les services financiers numériques favorisent une meilleure inclusion, mais des investissements massifs restent nécessaires pour transformer ces marchés.
La transition financière africaine est souvent désalignée avec le développement économique réel des pays du continent.
Les marchés obligataires souverains ne représentent qu’1 % des obligations mondiales.
Alors que l’Afrique contribue à hauteur de 3 % du PIB global.
La dette des entreprises locales est faible et ne représente que 5 % des obligations des marchés émergents, concentrée sur quelques pays seulement.
L’exposition au risque de change demeure élevée, car la majorité de la dette africaine est libellée en devises étrangères.
Par ailleurs, 80 % des pays notés présentent un risque élevé.
Malgré ces faiblesses, le développement de marchés de capitaux dynamiques pourrait soutenir la croissance et l’innovation.
Un recours accru aux financements de marché améliorerait l’inclusion financière et stimulerait la compétitivité des entreprises africaines.
Quelques chiffres clés illustrent la situation : 1 141 entreprises cotées sur les bourses africaines contre environ 44 000 dans le monde.
La part des entreprises africaines dans les capitaux levés au niveau mondial depuis 2000 est de seulement 1 %.
Et 80 % de la capitalisation boursière africaine cumulée se concentre dans les trois plus grands marchés : Afrique du Sud, Maroc et Égypte.
L’Afrique n’est pas un passé qu’on pleure, mais un avenir à bâtir avec mémoire et dignité, pour se positionner enfin dans la finance mondiale.
CAMUS BOMISSO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
