Ce que Ouattara a fait au PPa-CI de Gbagbo. 2026, l’année sabbatique. La grosse faute des cadres du parti

4 semaines

Face à un pouvoir solidement installé, le PPa-CI se retrouve contraint de repenser sa stratégie sans renier son identité politique.

Alassane Ouattara a réussi ses coups politiques. L’un d’eux est le fait qu’il a méthodiquement asphyxié le PPa-CI, réduit ses marges de manœuvre et neutralisé sa capacité d’initiative. Aujourd’hui, chaque décision du parti semble animée par un constat lucide mais tardif : la stratégie de confrontation frontale a échoué.

Le PPa-CI a tenté la ligne dure. Le mot d’ordre du « non au quatrième mandat » devait être un levier de mobilisation massive. Il n’a pas fonctionné. Le rapport de force espéré n’a jamais pris corps. Le pouvoir est resté en place, plus solide encore, tandis que l’opposition s’est épuisée.

Dès lors, une question centrale s’impose : comment revenir dans le jeu politique sans se renier ? En politique, même après un coup d’État, on finit toujours par négocier avec le faiseur du coup. Lorsque la fermeté ne produit aucun résultat, la maturité impose de le reconnaître et de changer de méthode.

L’année 2026 s’annonce ainsi comme une année sabbatique pour le PPa-CI.

Un temps de pause stratégique. Le parti devra achever son congrès, désigner un successeur crédible et, surtout, redéfinir son narratif. Continuer sur la même ligne serait persister dans l’erreur.

L’une des fautes majeures du FPI hier, puis du PPa-CI aujourd’hui, a été de maintenir Laurent Gbagbo au cœur du combat politique actif. Les cadres n’ont pas eu le courage de se réinventer sans lui. Or, il ne peut plus porter ce combat. Son style, sa voix, ses sorties tonitruantes qui paralysaient autrefois la Côte d’Ivoire ne résonnent plus dans une génération pressée, connectée et impatiente.

Enfin, dans la bataille contre le quatrième mandat, la nuance a coûté cher : près d’un millier de cadres se sont retrouvés en prison. Leur libération ne viendra ni de l’incantation ni de la radicalité verbale, mais d’une négociation suivie, patiente et assumée.

Le temps de la colère est passé. Celui de la recomposition commence.

ETHAN GNOGBO

photo:dr

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