À Abidjan, les acteurs de l’anacarde s’apprêtent à redéfinir les règles du jeu. Entre revenus producteurs, transformation locale et compétitivité mondiale, la filière veut changer durablement de trajectoire.
Abidjan s’apprête à devenir, les vingt et un janvier deux mille vingt-six, le centre de gravité des décisions stratégiques de la filière anacarde ivoirienne.
Les Journées nationales des exportateurs de cajou réuniront plus de trois mille acteurs nationaux et internationaux autour d’enjeux économiques déterminants.
Ce rendez-vous ne se limite plus à un simple cadre d’échanges, mais s’impose comme un espace d’arbitrage sur l’avenir du secteur.
La question centrale posée est claire : quelle politique d’exportation pour garantir des revenus décents aux producteurs ivoiriens ?
Face à la volatilité des marchés mondiaux et à la pression croissante des normes internationales, la filière est à un tournant.
Les débats porteront sur la transformation locale, la maîtrise de la qualité, la traçabilité, le financement industriel et la gouvernance sectorielle.
Derrière ces thématiques se joue une bataille de souveraineté économique et de création de valeur nationale durable.
Selon N’Guettia Assouman, l’exportation brute ne peut plus constituer l’unique horizon stratégique de la filière ivoirienne.
Il plaide pour un équilibre exigeant entre rentabilité des exportateurs, industrialisation locale et redistribution équitable des richesses.
Issa Konaté rappelle, pour sa part, que l’État reste un acteur clé dans la stabilisation et l’encadrement du secteur.
L’accompagnement public, les incitations fiscales et l’accès au financement conditionnent la montée en gamme de la transformation.
Les femmes entrepreneures, désormais visibles dans la chaîne de valeur, illustrent la mutation sociale en cours.
Les Journées nationales s’imposent ainsi comme un laboratoire de politiques publiques agricoles modernes.
Depuis une décennie, ce cadre structure le dialogue entre acteurs privés, institutions et autorités publiques.
Aujourd’hui, l’urgence commande des décisions courageuses, capables de rompre avec les modèles d’exportation déséquilibrés.
L’anacarde représente des centaines de milliers d’emplois, des devises majeures et la stabilité des zones rurales.
Repenser l’exportation, c’est donc engager l’avenir économique, social et industriel de la Côte d’Ivoire.
Abidjan devient, le temps de ces journées, l’arène où se jouera le futur du cajou ivoirien.
JM AHOUSSY
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
