Historien engagé et ancien acteur du mouvement indépendantiste, Mohammed Harbi laisse une œuvre majeure qui a durablement remis en cause l’histoire officielle algérienne.
Installé depuis des décennies en France, Mohammed Harbi laisse une œuvre critique majeure qui a profondément renouvelé l’histoire algérienne contemporaine.
Décédé à Paris le premier janvier, l’historien avait quatre-vingt-douze ans et demeurait une référence intellectuelle incontournable internationale pour plusieurs générations.
Son parcours mêlait engagement nationaliste, responsabilités au sein du Front de libération nationale et rupture politique précoce douloureuse assumée publiquement.
Acteur des négociations d’Evian, il observa ensuite avec lucidité la confiscation du pouvoir par l’appareil militaire dominant algérien naissant progressivement.
Emprisonné après l’indépendance, fidèle à ses convictions socialistes, il choisit l’exil plutôt que le silence politique imposé durablement alors brutalement.
Chercheur rigoureux, Mohammed Harbi s’appuya sur archives et témoignages pour déconstruire les mythes officiels dominants forgés après l’indépendance algérienne officielle.
Ses ouvrages majeurs ont introduit des concepts nouveaux, dont le populisme révolutionnaire, désormais essentiels historiographiquement pour comprendre l’État algérien moderne.
À distance des dogmes, il refusait l’histoire militante, préférant une analyse critique exigeante et souvent dérangeante pour lecteurs chercheurs citoyens.
Respecté par plusieurs générations d’universitaires, il incarnait une liberté intellectuelle rare dans les études postcoloniales algériennes contemporaines et internationales actuelles.
La disparition de Mohammed Harbi marque la fin d’un regard indépendant essentiel sur l’histoire politique algérienne moderne critique lucide durable.
FATEM CAMARA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
