Ce 28 décembre 2025, il aurait franchi le seuil des soixante-sept ans. Le calendrier, parfois indifférent à la justice du cœur, a choisi une autre issue : Omer s’est retiré le 2 juillet dernier.
Laissant derrière lui non pas un vide, mais un espace habité. Un lieu intérieur fait de retenue, de regards prolongés, de bonté muette. Une sorte d’archive intime où chaque souvenir, même glacé par l’absence, demeure intact.
Il est venu au monde un 28 décembre 1958, dans une Côte d’Ivoire encore intacte dans ses promesses. De Kipré Gnogbo Etienne et de Digbeu Odette. Dès l’enfance, il avançait avec une intelligence sans arrogance, une lucidité qui ne cherchait pas à s’imposer. Il comprenait vite, mais ne se dispensait jamais de l’effort. Chez lui, la rigueur était une forme de respect.
Il aurait eu soixante-sept ans aujourd’hui. Le 28 décembre 2025 nous le rappelle avec douceur et gravité : certains êtres ne disparaissent pas, ils changent simplement de manière d’être présents. Omer a quitté cette terre le 2 juillet, mais il a laissé derrière lui une trace dense, faite de retenue, de droiture et d’amour silencieux.
Omer n’aimait ni le bruit ni la rivalité.
Il croyait aux liens durables, à ce qui se construit lentement et se protège avec soin. Sa vie fut une leçon sans discours : travailler sans écraser, aider sans montrer, aimer sans posséder. Cette manière d’être est aujourd’hui son héritage le plus précieux.
À toi, Faty, compagne de route et de foi, née deux jours avant lui comme un signe discret du destin : que la force qui t’a permis de l’accompagner jusqu’au seuil continue de te porter. Tu as été l’abri, la patience, la paix. Ton courage silencieux est une victoire. Que tu ne sois jamais seule dans ce chemin.
À Alice, Emmanuel et Paul Marie, il laisse plus qu’un nom : une manière de se tenir dans le monde. Votre père vous a transmis la dignité sans éclat, la fidélité sans contrainte, l’amour sans condition. Que votre unité soit sa continuité. Ne laissez jamais la division effacer ce qu’il a patiemment bâti.
Et à vous, frères et sœurs aînés, ce mot est nécessaire. Omer n’aurait jamais voulu que son souvenir devienne un champ de bataille. Son héritage n’est ni matériel ni conflictuel : il est moral, familial, spirituel. Se déchirer, c’est l’affaiblir. Se rassembler, c’est l’honorer. La réconciliation n’efface pas le passé, mais elle sauve l’avenir.
Omer a vécu en homme de paix.
Que sa famille devienne le lieu vivant de cette paix.
C’est ainsi que son nom continuera de parler, sans bruit, mais avec force.
AK
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
