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Dans une déclaration directe et sans détour, la députée Yasmina Ouegnin appelle à une refondation du rapport entre le PDCI-RDA et ses militants, à l’heure des recompositions politiques majeures.

En affirmant que « cela fait vingt-cinq ans que le PDCI-RDA est dans l’opposition », Yasmina Ouegnin pose un constat brut.

Elle rappelle une rupture historique : l’an 2000 marque la fin d’un parti État et le début d’un PDCI contraint à se réinventer.

Son propos déconstruit la nostalgie d’un pouvoir long de quarante années, souvent invoqué comme capital politique suffisant.

Selon elle, continuer à attendre du PDCI la protection d’antan relève désormais d’une illusion politique dangereuse.

La députée inverse la logique traditionnelle : ce n’est plus le parti qui porte les militants, mais les militants qui doivent porter le parti.

Cette posture marque une rupture générationnelle avec une culture politique fondée sur l’héritage houphouëtiste comme rente symbolique.

Son message intervient dans un contexte de fragilité interne, alors que Tidjane Thiam, président contesté, demeure hors du territoire national.

L’exil politique de Thiam affaiblit la capacité du PDCI à incarner une alternative crédible et visible sur la scène nationale.

Dans le même temps, Laurent Gbagbo, allié stratégique, entretient l’ambiguïté en multipliant les signaux sans clarification définitive.

Face à eux, Alassane Ouattara apparaît en position dominante, enchaînant les mandats et occupant pleinement l’espace institutionnel.

Le propos de Yasmina Ouegnin sonne alors comme un appel à la responsabilité collective, presque un avertissement existentiel.

Elle invite les cadres et la base à sortir de l’attentisme et à assumer un rôle actif de défense idéologique et politique.

Son discours suggère que le PDCI ne sera sauvé ni par son passé, ni par des alliances incertaines, mais par un sursaut interne.

En filigrane, elle pose une question centrale : le PDCI veut-il survivre comme force politique ou comme simple mémoire historique ?

À l’approche de 2025, cette prise de parole résonne comme un acte de lucidité dans un paysage politique profondément déséquilibré.

ETHAN GNOGBO

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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