Sous la médiation de Donald Trump, Kigali et Kinshasa ont signé un accord de paix. Mais sur le terrain, les tensions restent fortes.
À Washington, sous l’égide de Donald Trump, le Rwanda et la RDC ont signé un accord présenté comme historique.
Donald Trump a célébré cette signature comme un grand miracle capable de mettre fin à l’un des conflits mondiaux.
Pourtant, Félix Tshisekedi et Paul Kagame ne montraient pas le même enthousiasme lors de la cérémonie officielle à Washington.
Les deux chefs d’État ont évité toute accolade ou regard direct, dans une atmosphère visible de méfiance diplomatique palpable.
L’Institut américain de la paix, rebaptisé la veille « Institut Donald Trump pour la paix », a accueilli cette mise en scène médiatique.
Le président burundais, Evariste Ndayishimiye, a rappelé que signer un accord est plus simple que le mettre effectivement en œuvre.
William Ruto du Kenya et Joao Lourenço d’Angola assistaient également à la cérémonie pour témoigner de cette signature symbolique internationale.
Malgré l’accord signé, la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC reste très tendue, avec des affrontements signalés au Sud-Kivu.
Ces combats récents ont provoqué de nouveaux déplacements de populations, rappelant que la désescalade militaire n’est pas encore une réalité concrète.
Les textes signés ne prévoient aucune sanction spécifique en cas de non-respect des engagements par l’une des deux parties.
Kigali conditionne l’application des accords à la neutralisation des FDLR, alors que Kinshasa exige le retrait des troupes rwandaises.
Le président Tshisekedi a assuré rester vigilant mais optimiste, tandis que Paul Kagame a prévenu que la responsabilité de la paix reste africaine.
Les deux dirigeants ont signé trois types d’accords formant l’architecture complète du processus de paix entre leurs pays respectifs.
Le premier accord concerne le plan de paix, visant à mettre fin à l’un des conflits les plus anciens du continent africain.
Ce plan inclut un cessez-le-feu permanent, le désarmement des forces non étatiques et le retour sécurisé des réfugiés.
Le deuxième accord constitue le cadre d’intégration économique, destiné à améliorer la transparence et la coopération régionale dans les minerais.
Donald Trump a insisté sur l’ouverture d’une nouvelle ère de partenariat économique, incluant énergie, transports et exploitation des ressources stratégiques.
Le troisième accord concerne les ententes bilatérales entre Washington et les deux pays, pour faciliter l’accès américain aux minerais critiques.
Ces accords doivent permettre aux entreprises américaines d’investir dans l’extraction de terres rares et d’autres secteurs économiques stratégiques africains.
La mise en œuvre des accords dépend toutefois de la neutralisation des FDLR et du désengagement militaire côté rwandais.
La temporalité de l’application économique attend un sommet d’évaluation prévu dans les six mois suivant la signature officielle des accords.
La coopération sécuritaire et militaire conditionne également l’évolution des échanges économiques et de l’intégration régionale entre Kigali et Kinshasa.
Une question centrale reste ouverte : les deux pays agiront-ils conjointement contre les FDLR et à quelle échéance effective exactement ?
Le processus reste long, complexe, et fragile, tandis que les discussions avec l’AFC/M23 à Doha n’ont toujours pas abouti.
JULIEN BOUABRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

