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Depuis son retrait de la scène politique sénégalaise, l’ex-président Macky Sall construit patiemment un profil international qui le rapproche, à pas mesurés, du siège prestigieux de secrétaire général des Nations unies.

Installé à Marrakech depuis avril 2024, Macky Sall s’est éloigné à la fois du tumulte de la politique sénégalaise et du territoire national. Officiellement, il s’agit d’un choix républicain : laisser toute la place aux nouvelles autorités. Officieusement, l’ancien président trace un nouveau sillon, celui d’un homme d’influence à l’échelle mondiale.

Son absence du Sénégal depuis la passation de pouvoir avec Bassirou Diomaye Faye n’est pas anodine. Elle marque un tournant stratégique dans sa trajectoire : celui d’un ex-chef d’État qui se rêve désormais en diplomate global. Loin des tensions intérieures, Macky Sall soigne ses apparitions sur la scène internationale. Multipliant les discours et les conférences. L’objectif ? S’installer progressivement comme une voix incontournable du continent africain. Avec en ligne de mire une ambition rarement assumée mais de moins en moins dissimulée. Succéder à António Guterres à la tête des Nations unies.

Une campagne qui ne dit pas son nom

Depuis qu’il a été nommé, en septembre 2024, à la présidence du Centre mondial pour l’adaptation aux changements climatiques (GCA), Macky Sall ne ménage pas ses efforts. Il veut renforcer son aura mondiale. À New York, Washington, Riyad ou encore au Cap, il intervient lors de grands sommets et forums sur la gouvernance, le climat, ou le développement, thématiques chères à l’ONU.

Ses prises de parole, calibrées et diplomatiques, sont autant d’occasions de se positionner comme un interlocuteur crédible. Et aussi expérimenté au sein de la diplomatie multilatérale. À défaut d’une déclaration officielle, ses proches le confirment à demi-mot. Macky Sall se tient prêt, si l’opportunité se présente, à briguer le poste de secrétaire général des Nations unies. Le mandat actuel s’achève en 2026.

Un ancien président toujours sur ses gardes

S’il embrasse son nouveau rôle d’ambassadeur officieux du continent africain, Macky Sall n’a pas pour autant tourné la page de ses douze années à la tête du Sénégal. À distance, il défend son bilan contre les attaques du président Diomaye Faye et de son premier ministre Ousmane Sonko. Ses anciens opposants devenus dirigeants.

Mais l’essentiel de son énergie semble désormais tourné vers l’extérieur. Il entend jouer un rôle de passeur entre les Suds et les grandes puissances, entre l’Afrique et les institutions mondiales. Un positionnement qui, selon ses partisans, répond à un besoin d’incarnation pour un continent encore peu représenté à la tête des grandes organisations internationales.

Marrakech, base arrière d’un projet mondial

Depuis sa résidence marocaine, Macky Sall orchestre sa visibilité avec soin. Entouré d’une petite équipe de fidèles, il capitalise sur ses réseaux accumulés durant ses mandats successifs et ses années à la tête de l’Union africaine. Entre stratégie de communication et diplomatie d’influence, chaque déplacement est pensé comme une pièce supplémentaire dans le puzzle de sa candidature officieuse.

La route vers le siège onusien est encore longue et semée d’embûches, mais l’ancien président sénégalais avance, méthodique. Et, même s’il ne l’avoue pas publiquement, tout indique qu’il prépare minutieusement son entrée dans l’arène diplomatique la plus prestigieuse au monde.

FATEM CAMARA

photo:dr

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