Macky Sall et son parti: la galère a déjà commencé

2 ans

Même quand on en  est sorti pacifiquement, il est difficile de revenir au pouvoir. A fortiori quand ce départ a nécessité des heurts et provoqué des morts.

Revenir au pouvoir après en avoir été chassé est une tâche complexe et délicate qui nécessite une stratégie bien pensée. De même qu’une approche multidimensionnelle.

L’Alliance pour la République (APR) a du mal à survivre en l’absence de Macky Sall, son fondateur en 2008. Après la défaite du 14 mars, l’ex-président s’était envolé pour Marrakech. Une Vidéo sur les réseaux sociaux le présente marchant dans les rues sans les apparats de la République. Un passant l’interpelle même moquant un peu son statut nouveau. L’ancien homme fort s’est retrouvé aussi à Paris puis à Dubaï. Cette fois sans les honneurs depuis une décennie.

Amadou Ba, celui qui, selon les plans, devait lui succéder, n’a pas pris la parole depuis la reconnaissance de son échec. 36% à l’élection présidentielle.

On supprime les privilèges liés aux fonctions

Le parti en est Comprendre les raisons pour lesquelles on l’a chassé du pouvoir. Il est occupé à analyser les erreurs et les faiblesses de ses précédents mandats pour éviter les mêmes pièges.

Il travaille à réhabiliter son image publique. On pense à présenter des excuses publiques pour des erreurs passées, des efforts pour résoudre les conflits précédents. Et la démonstration d’un engagement renouvelé envers le bien-être de la nation.

L’ancien parti au pouvoir doit aujourd’hui apprendre à devenir une formation d’opposition. Une situation nouvelle qu’il appréhende avec la crainte de subir le sort de ses prédécesseurs.

Au Sénégal en effet, le Parti socialiste (PS) des présidents Léopold Sedar Senghor et Abdou Diouf. Et le Parti démocratique sénégalais (PDS) d’Abdoulaye Wade n’ont jamais retrouvé leur influence après la perte du pouvoir. Le premier a réussi à revenir sur la scène politique en étant absorbé par la coalition BBY voulue par Macky Sall. Le second n’a pas présenté de candidat à une élection présidentielle depuis 2012.

Pour s’éviter un tel destin, l’APR a commencé une « tournée nationale » afin de remobiliser ses militants.

JULIEN BOUABRE

PHOTO/ DR

POUVOIRS MAGAZINE

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