Il y a tout juste quatorze ans, la Côte d’Ivoire vivait encore dans l’ombre des affrontements politiques et militaires nés de l’élection présidentielle de 2010.
Le 31 août 2011, Choi Young-jin, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, quitta ses fonctions après avoir incarné, trois ans durant, la voix des Nations unies dans une nation déchirée. En pleine tourmente, il certifia les résultats électoraux qui donnèrent Alassane Ouattara vainqueur face à Laurent Gbagbo, s’attirant ainsi l’hostilité d’une partie du pouvoir sortant.
Durant ces mois de tension extrême, il vécut reclus au quartier général de l’ONU à Abidjan, sous la menace permanente, mais convaincu de la légitimité de son mandat. Il refusa de céder aux intimidations, demeurant ferme sur l’essentiel : l’expression démocratique du peuple ivoirien. Tour à tour accusé de partialité, de trahison ou d’ingérence, il porta, avec un mélange de rigueur et d’humanité, le fardeau d’une médiation internationale à bout de souffle.
Son remplacement, acté le 1er septembre 2011, introduisit un diplomate chevronné : Albert Gérard Koenders, ancien ministre de la Coopération des Pays-Bas.
Avec lui, l’ONU dit avoir voulu ouvrir un nouveau chapitre, davantage orienté vers la réconciliation, la reconstruction et le retour à l’ordre institutionnel.
Koenders incarna une approche moins marquée par l’urgence de la crise, plus tournée vers les fondations durables de la paix.
Cette transition ne fut pas qu’un changement d’homme ; elle symbolisa un passage de témoin, de la gestion d’un conflit à celle de sa cicatrisation. Elle traduisit aussi une volonté claire de la communauté internationale de rester engagée, sans dominer, en accompagnant un pays encore sous tension, mais en quête de stabilité. En se retirant, Choi Young-jin laissa derrière lui un héritage controversé, mais déterminant dans la résolution du conflit ivoirien.
Quatorze ans plus tard, cette date résonne comme un rappel de la fragilité des équilibres politiques, mais aussi de la résilience des peuples et des institutions. Le 31 août 2011 demeure un moment charnière, où l’ONU, critiquée, parfois incomprise, choisit de tenir bon, au nom d’un mandat et d’une conviction : que la paix, même imparfaite, vaut mieux que le silence des armes.
FATEM CAMARA (Stagiaire)
photo:dr
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