Isaac Kemo, sur scène le 3 octobre

8 mois

Résidant depuis plusieurs années en Corse, le saxophoniste ivoirien Isaac Kemo investit différentes scènes du monde.

Artiste caméléon, il tisse des ponts entre les rythmes africains et les pulsations insulaires, questionne l’avenir de la musique à l’ère de l’intelligence artificielle. Et prépare un show envoûtant le 3 octobre à Bonifacio.

Il connaît la Corse, il connaît la scène. Et surtout, il sait la faire vibrer.
Isaac Kemo, saxophoniste, auteur-compositeur et interprète ivoirien, fixé sur l’île de Beauté. Et ce n’est pas un hasard : il y entretient des liens forts, humains comme artistiques. Il le dit lui-même, sans détour : « J’aime la Corse, j’aime son peuple. »

Son saxophone a résonné aux quatre coins du monde, dans des festivals, des tournées, des scènes ouvertes. Pourtant, chaque prestation en Corse le ramène à quelque chose de profondément familier. « Il y a des similitudes fortes entre la culture insulaire et celle de l’Afrique de l’Ouest. Le rapport à la terre, au clan, à la parole… c’est une autre manière de dire les mêmes choses. »

Le 3 octobre, à Bonifacio, sur la scène Isaac Kemo compte bien marquer les esprits. Pas de playlist figée, mais une construction vivante, où les pièces s’enchaînent comme des dialogues : intermèdes, confidences, improvisations.

La musique, aujourd’hui ? C’est une jungle numérique.

Avec l’avènement de l’intelligence artificielle, tout change. Les mélodies se créent autrement. Les morceaux se diffusent à vitesse folle. Mais comment capter l’attention du public, dans ce grand flot de sons ? « Sur des milliers, aucun ne capte vraiment. Tout se ressemble. Il faut autre chose : une identité, un vrai contenu. »

Isaac Kemo ne cherche pas à séduire tout le monde, mais à toucher juste.
Son projet actuel revisite quinze titres. Peut-être Chakara. Ou Abidjan Groove, ou Même No Woman no cry. Dans des versions intimistes, pensées pour l’écoute et le partage. « Ce n’est pas une démonstration. C’est une conversation. »

Autour de lui, des pointures :
Valess Assouan, bassiste de Tiken Jah Fakoly,
Gilles Cianfarani, pianiste installé à Bastia,
Et bien sûr Isaac Kemo, pour mener l’ensemble avec finesse et énergie.

« On traverse une ère différente. Il ne s’agit plus de briller individuellement, mais de créer une homogénéité, une couleur collective. Le public attend de la nouveauté, mais aussi de l’authenticité. »

L’héritage est vivant. La musique aussi.
Et le sax d’Isaac Kemo est là pour le rappeler : en Corse, en Afrique, et partout où le groove a encore quelque chose à dire.

AK

photo:dr

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