23 juin: Tiken Jah:  » au pouvoir, ils veulent faire subir aux autres ce qu’ils ont eux-mêmes subi autrefois »

11 mois

JOYEUX ANNIVERSAIRE À TIKEN JAH FAKOLY, LA CONSCIENCE MUSICALE DE L’AFRIQUE

Le 23 juin 1968, à Odienné, en Côte d’Ivoire, naît Doumbia Moussa Fakoly, que le monde connaîtra sous un autre nom.

Tiken Jah Fakoly devient la voix des peuples africains. Il chante pour ceux que personne n’écoute. Il dit ce que d’autres taisent.

Issu d’une lignée de forgerons et de chefs, il forge aujourd’hui les consciences. Sa musique est une arme, sa parole une torche.

Sa carrière débute en 1987 avec le groupe Djelys. Il ne chante pas pour plaire, mais pour réveiller et pour dénoncer.

Dès ses premiers textes, il attaque l’injustice, les dictateurs, la Françafrique, la corruption, les trahisons politiques, les fausses démocraties africaines.

Son album Françafrique le propulse. Il reçoit une Victoire de la Musique en 2003. Mais sa parole dérange les puissants.

Exilé au Mali, interdit au Sénégal, menacé en Côte d’Ivoire, il reste debout. Il ne plie pas, il ne se vend pas.

Lors d’un concert à Dakar, il dit à Abdoulaye Wade de quitter le pouvoir. Cela lui vaut une expulsion immédiate.

Deux ans plus tard, Wade l’invite à revenir. Même ses détracteurs finissent par reconnaître son importance. L’homme est respecté, même dans le désaccord.

Tiken Jah ne parle pas pour lui-même.

Il parle pour les enfants sans école, pour les femmes oubliées, pour les peuples trahis.

Crée des écoles, aide des villages, s’engage pour l’éducation. Il veut libérer les Africains par la connaissance, pas seulement par les slogans.

Sa musique est politique, mais toujours humaine. Il parle de paix, de justice, de fraternité. Il croit en l’Afrique unie, libre et debout.

Tiken se heurte aux élites, critique les manipulations ethniques, rejette la confiscation du pouvoir. Il ose dire ce que d’autres murmurent.

Le reggaeman affirme : « Ceux qui sont au pouvoir veulent faire subir aux autres ce qu’ils ont eux-mêmes subi autrefois. »

Il déclare aussi : *« Si Gbagbo n’est pas candidat, Ouattara non plus ne doit pas l’être. » Justice pour tous, pas pour quelques-uns.

Sa parole est droite, même quand elle dérange. Il ne joue pas les équilibristes. Il prend position, même au prix de l’exil.

Musicalement, il s’impose comme le grand rival d’Alpha Blondy. Deux géants du reggae ivoirien, deux visions, deux styles, un seul amour : l’Afrique.

Cette rivalité, parfois tendue, parfois fraternelle, a enrichi la scène reggae. Elle a poussé chacun à donner le meilleur de lui-même.

Tiken Jah a su garder son indépendance artistique.

Il ne court pas après les modes. Poursuit une mission : éveiller les consciences.

Il collabore avec Soprano, Ken Boothe, U-Roy, Youssou N’Dour. Mais il reste enraciné, fidèle à ses racines africaines et à la vérité.

Dans Braquage de pouvoir, il dénonce les élites politiques. Dans Le monde est chaud, il alerte sur le climat. Il reste un éveillé.

Aujourd’hui, Tiken Jah fête ses 57 ans. Cinquante-sept années de courage, de musique, d’exil, de combats et de fidélité à l’Afrique.

Nous lui souhaitons un très joyeux anniversaire, avec respect, reconnaissance, admiration. Que sa voix continue d’éclairer le continent et sa jeunesse.

Tiken Jah Fakoly n’a pas seulement chanté l’Afrique. Il a souffert avec elle, pleuré pour elle, combattu pour elle. Il est son miroir fidèle.

Bon anniversaire, Tiken. Que les ancêtres te protègent. Que ta lumière continue d’illuminer nos luttes, nos rêves, notre dignité retrouvée.

HARON LESLIE

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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