INSTINCT DE CONSERVATION ET PEUR : QUELLE DIALECTIQUE ? Esquisse de regard sur l’actualité politique

10 mois

Voilà deux états de vie humaine à réfléchir ! Sans peur et sans instinct de conservation. Avec opiniâtreté et prudence.


Et il ne sera pas forcément question de s’emmurer dans des barricades sclérosantes d’exégèse de philosophie ou de psychologie.

Pour nous Négro-africains, Ivoiriens, certes non austères à l’abstraction, ce serait une trique pour l’esprit, au front de la contemporanéité nous concernant, de convulsion et de passion, expérimentalement utilitaires.
Ainsi, sans peur et sans instinct de conservation, appréhendons ces deux états de vie humaine. Promis est promesse.

Avant de s’essayer à quelque configuration, on objectera que l’instinct de conservation est de légitimité, tandis que la peur est humainement rabaissante.
De bon sens, une série d’interrogations polarise chirurgicalement, et d’intimité, la réflexion :

  • Peut-on être accrédité d’être courageux (de ne pas avoir peur) pendant qu’on a un instinct de conservation très développé ?

  • Avoir un instinct de conservation très poussé, est-ce synonyme d’être peureux ?

  • Être courageux, est-ce synonyme de faire abstraction ou de sacrifier tout instinct de conservation, de sorte à se livrer à l’extinction ?

  • L’instinct de conservation fait-il bon ménage avec l’esprit d’audace qui, lui, semble être de caractère et de responsabilité ?

Voilà autant de questions qui tapissent l’entendement, à l’occurrence de la dialectique énoncée.

De fait, l’instinct de conservation n’est pas le seul instinct d’ordre humain qui existe ; il s’annexe à d’autres catégories d’instincts : l’instinct de groupe, l’instinct d’expression, l’instinct sexuel, l’instinct de soif de pouvoir…
L’instinct de conservation, sommairement, est une forme d’autodéfense à réflexe, donc, pas toujours réfléchie, sinon, pas toujours volontairement consciente, sinon, pas toujours consciencieusement intentionnelle, sinon, pas de planification de raison, sinon, pas d’issue de pensée comme ce serait d’une décision intellectuellement nourrie.
L’instinct de conservation est une forme d’autodéfense à réflexe. Ce faisant, il relève de l’Homme animal.
Destiné qu’il est à préserver la vie, sous ses déclinaisons de préservation de l’intégrité physique, de liberté civile, de maternité (la poule qui protège ses poussins, la mère qui protège ses rejetons…), de l’identité culturelle, de survie alimentaire, de santé…

En psychologie, l’instinct de conservation désigne, dans le cas de la vie qui décline chez une couche de citoyens (vieillards, handicapés, malades), l’attachement aux moindres forces restantes.
C’est toujours d’un enjeu de préserver la vie.
C’est, peut-être, un souffle cosmique ou divin pour la pérennité de la création.
L’instinct de conservation est un instinct qui conserve.

Tout compte fait, l’instinct de conservation, à l’enseigne des autres formes d’instinct sus-énumérées, demeure un instinct.

D’attache ou d’atavisme philosophique, l’instinct est une connaissance innée, donc, que l’individu porte en lui et qui s’active dans ses rapports avec les autres et avec l’environnement.
Rousseau pense que l’instinct est une réaction aux informations sensibles selon une règle immuable, fixée par la nature.
Il s’en dénote que l’instinct de conservation, comme les autres ordres d’instinct, est de nature, et non de culture.
À propos, parce qu’il n’est pas de culture, l’instinct n’est pas asservi au contrat social et n’est nullement lié au niveau d’instruction de l’individu.
L’instinct de conservation, donc, en tant qu’élan « irraisonné » de sauvegarde de la vie, n’est pas tributaire de l’intellectualité.

Le fait est que l’instinct de conservation, même s’il est une verve non profondément pensée, destinée au maintien de l’existant, sa surévaluation face à un danger supposé, offre le risque de faire basculer son sujet dans la peur, état de faiblesse humaine.
La peur est une angoisse en termes de manifestation psychique résiduelle à la révélation d’un danger ou d’un spectre ambiant, sinon supposé comme tel.
La scène politique ivoirienne et africaine affiche des leaders ou personnalités, non peureux, peut-être, mais à l’instinct de conservation surévalué, sans doute.


Laissant ainsi pour compte le troupeau de leur pâturage.


Laissant ainsi errer dans tous les sens des brebis « faméliques », incertaines, en doute, sans assurance et sans repère.
Pour le bénéfice du doute, mieux, à la décharge desdits leaders, on dira qu’ils ne sont pas peureux et que, seulement, ils ont un instinct de conservation surévalué.
Mieux, que leur instinct de conservation, pathologiquement ou par dérèglement en mouvement, surévalue le supposé danger.
Que leurs militants aient le moral !
Ce serait, peut-être, la solution à l’impasse psychologique ravageant la tête du parti.
Ils pourraient, au besoin, invoquer l’aide de psychiatres, psychologues ou psychanalystes, assermentés, pour les soins de leur leader adulé.
Leur survie politique en dépend.

Toutefois, si la menace est avérée, décrétalement, sociologiquement, institutionnellement, de chaos de nature ou de catastrophe, il y a lieu, pour le sujet humain, leader ou non, de se mettre à l’abri.
Ça, ce ne serait pas un manque de courage ; ce ne serait même pas une peur.
Ce serait un instinct de conservation.
Purement. Clairement. Simplement.
L’actualité politique en offre des exemples et cas légion.
L’histoire des religions aussi.
Puis l’histoire des groupes sociaux et ethniques aussi.
L’histoire des idéologies politiques n’en est pas en reste.

Emmanuel TOH BI

photo:dr

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