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Présidentielle 2025: opposition disqualifiée, pouvoir conforté

Alors que le Conseil constitutionnel a validé seulement cinq candidatures sur soixante, la présidentielle ivoirienne semble déjà jouée d’avance.

Le rejet des candidatures de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam affaiblit une opposition divisée, qui peine à se structurer face au RHDP. Le PPA-CI, quant à lui, n’a pas obtenu le quota de parrainages requis. Révélant ses limites stratégiques et organisationnelles à six semaines du scrutin.

À un mois et demi de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, l’enjeu semble déjà tranché selon de nombreux observateurs politiques.

La publication, lundi 8 septembre 2025, par le Conseil constitutionnel, de la liste définitive des candidats, a clarifié les rapports de force.

Sur soixante prétendants à la magistrature suprême, seuls cinq ont vu leur dossier validé. Dont naturellement celui du président sortant Alassane Ouattara.

Ce dernier, en route pour un quatrième mandat consécutif, apparaît comme le grand favori d’un scrutin désormais privé de ses principaux opposants.

Les candidatures de Laurent Gbagbo (PPA-CI) et de Tidjane Thiam (PDCI), pourtant unis dans un front commun depuis juin, ont été rejetées.

Le motif évoqué par la présidente du Conseil constitutionnel, Chantal Camara, est l’inéligibilité liée à leur absence sur la liste électorale nationale.

Tidjane Thiam, exclu en avril en raison de sa double nationalité, n’a pu régulariser sa situation à cause d’un vide administratif.

En effet, l’absence d’une révision de la liste électorale cette année, pourtant exigée par la loi, a bloqué toute inscription complémentaire.

Quant à Laurent Gbagbo, sa condamnation en 2018 à vingt ans de prison pour le braquage de la BCEAO l’a rendu inéligible.

Au-delà des arguments juridiques, ces exclusions alimentent le soupçon d’un processus électoral verrouillé. Orchestré par un pouvoir sûr de sa domination. 0564455693

Mais l’échec du PPA-CI à obtenir le quota requis de parrainages en dit long sur l’état réel de l’opposition.

Certains parlent de négligence interne, d’autres évoquent une suffisance stratégique doublée d’une assurance devenue handicapante pour la formation de Gbagbo.

Des voix estiment que le parti a été fragilisé par la dispersion des soutiens. Notamment au profit d’Ahoua Don Mello, candidat dissident.

La dynamique Assalé Tiémoko et Vincent Toh Bi a également capté une partie des électeurs anti-système, anciens sympathisants du camp Gbagbo.

Un cadre du RHDP, sous anonymat, aurait déclaré. « Nous avons fabriqué Toh Bi avec Hamed Bakayoko. Il paie son arrogance. »

Cette phrase, brutale, illustre la stratégie d’éparpillement électoral menée par le pouvoir, qui affaiblit méthodiquement les figures de l’opposition.

Alors que quatre autres candidats d’opposition ont été retenus, aucun ne semble capable de fédérer largement ni de menacer Ouattara.

Le front commun d’opposition, pourtant lancé comme une alternative crédible au pouvoir actuel, apparaît aujourd’hui démantelé avant même la campagne.

Ce climat donne au scrutin présidentiel de 2025 des allures de formalité politique, dans un pays où l’alternance devient une illusion repoussée.

ETHAN GNOGBO

photo:dr

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