Dans une atmosphère sereine, entouré de fidèles et de proches collaborateurs, Wilfried Zahui a dévoilé ses ambitions politiques devant la presse.
C’était le samedi 30 août à Angré, dans les locaux de son ministère, transformés pour l’occasion en salle de conférence politique.
Face aux journalistes, le pasteur a tenu à dissiper les doutes. Sa candidature n’a rien d’un coup médiatique passager.
Il affirme avoir respecté toutes les obligations légales. Notamment le dépôt de ses dossiers et le paiement de la caution de 50 millions.
Surtout, il revendique avoir réuni 68 102 parrainages. Soit bien au-delà du seuil fixé par la Commission électorale indépendante (CEI).
« Ce projet est le fruit d’une longue réflexion, pas d’un emballement. Je veux offrir des solutions concrètes à mon pays », déclare-t-il.
Il insiste sur le fait que sa tournée de collecte des parrainages fut l’occasion de rencontrer, écouter et comprendre les réalités locales.
Abidjan, Gbêkê et Poro ont servi de terrain d’écoute, de proximité et d’ancrage citoyen pour structurer une vision politique réaliste.
Sa priorité ? Refonder l’école ivoirienne, en introduisant dès l’école primaire l’anglais. Ou le mandarin pour ouvrir les horizons professionnels.
Il veut une éducation tournée vers le monde. Chaque élève pourra, à terme, vendre ses compétences à l’international.
Sur le plan territorial, il milite pour une décentralisation audacieuse, où l’administration se rapproche des citoyens et soutient des pôles régionaux.
Il propose une politique d’implantation d’activités économiques dans les villes secondaires. Pour soulager Abidjan et valoriser l’intérieur du pays.
« Une vraie politique de l’emploi commence dans les zones oubliées », affirme-t-il. Evoquant la jeunesse laissée sans perspectives hors des capitales.
Sur la réconciliation nationale, il évoque la parole, l’écoute, la médiation : autant de valeurs issues de son ministère pastoral.
Zahui estime que les rancœurs sont encore vivaces, perceptibles à travers les discours haineux qui prolifèrent sur les réseaux sociaux.
« Il faut des ponts, pas des murs. Et pour cela, l’humilité du dialogue doit primer sur les postures idéologiques rigides. »
En matière de santé, il reconnaît les efforts déjà entrepris. Mais juge la CMU encore trop théorique pour les urgences du quotidien.
Il propose de former des agents de proximité, capables d’intervenir rapidement dans les zones reculées, avant un transfert hospitalier éventuel.
Il évoque aussi la création de « centres de soins de première ligne », comme alternatives concrètes aux hôpitaux saturés des grandes villes.
Politiquement, Wilfried Zahui se définit comme un centriste assumé, convaincu que les extrêmes ont mené le pays dans une impasse prolongée.
Il croit à la convergence des énergies nationales, au croisement des idées de gauche et de droite, au service du bien commun.
Loin d’un simple slogan de campagne, son message semble porter une tentative d’union entre engagement spirituel et responsabilité politique.
Reste à savoir si ce projet trouvera un écho dans une société habituée à dissocier foi, pouvoir et quête d’alternance.
FATEM CAMARA (stagiaire)
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

