Bannie par Bruxelles, célébrée à Niamey, l’activiste panafricaniste Nathalie Yamb obtient un passeport diplomatique et un rôle stratégique.
Le Niger officialise son alliance idéologique en nommant Nathalie Yamb conseillère spéciale du général Abdourahamane Tiani, chef de la junte.
Militante radicale, Yamb devient désormais figure institutionnelle dans un Sahel résolument tourné vers l’Est et la rupture avec l’Occident.
Fin juin, l’Union européenne l’avait sanctionnée : gel de ses avoirs, interdiction d’entrée, pour propagande prorusse et discours anti-français.
Malgré cela, sa communauté en ligne explose : 850 000 abonnés sur Facebook, 600 000 sur YouTube, audience en croissance continue.
Sur sa page Facebook, elle remercie le général Tiani pour « sa confiance » et son soutien au « combat pour la souveraineté ».
Le titre de « conseillère spéciale » s’accompagne d’un passeport diplomatique, symbole fort d’acceptation politique et d’alignement stratégique.
Elle se présente désormais comme « la chevalière de Niamey », incarnation revendiquée d’un panafricanisme décomplexé et frontal.
Son discours trouve écho dans l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant Mali, Burkina Faso et Niger sous une même bannière.
Tous trois rejettent les partenariats traditionnels avec l’Occident, surtout avec la France, jugée impérialiste et prédatrice.
En 2024 déjà, la junte nigérienne avait honoré Kemi Seba, autre figure radicale, en lui attribuant aussi un passeport diplomatique.
L’AES a dénoncé les sanctions européennes contre Yamb, y voyant une « persécution idéologique » des voix souverainistes africaines.
Le 25 août, les ministres de la justice de l’AES ont exprimé leur indignation et accusé Bruxelles de « harcèlement politique ».
À travers Yamb, Niamey envoie un message clair : l’activisme panafricain devient outil de diplomatie dans un Sahel en recomposition.
Ce geste symbolique pourrait renforcer la fracture avec l’Union européenne et accentuer les tensions géopolitiques déjà vives dans la région.
Yamb, en obtenant ce statut, passe du rôle de voix contestataire à actrice politique reconnue dans un bloc en rupture assumée.
FATEM CAMARA (stagiaire)
photo:dr
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