Après les États-Unis d’Amérique, fin janvier, l’Allemagne, par un communiqué datant du 20 mars 2026, a provisoirement évacué l’ensemble du personnel diplomatique de son ambassade à Niamey.
À l’instar des Américains, le pays invoque le risque élevé « d’enlèvements, de crimes violents et d’attentats terroristes ». Le Niger est donc sur la défensive.
En effet, le 12 mars, le Parlement européen a adopté une résolution exigeant « la libération immédiate et inconditionnelle » de Mohamed Bazoum, le président déchu du Niger. La déclaration de l’initiateur de cette résolution met la puce à l’oreille. Il s’agit d’une sorte de casus belli.
« Le président Bazoum a été le principal partenaire des forces européennes au Sahel. Nous ne pouvons plus rester silencieux alors qu’un allié clé de l’Europe est emprisonné. Quel exemple de loyauté l’UE donnerait-elle à ses partenaires ? », s’est-il interrogé, avant de mettre les pieds dans le plat : « Sa libération est urgente pour deux raisons majeures : son mandat prendra fin le 2 avril prochain. Ne pas obtenir sa libération avant cette date constituerait un échec grave. »
La gravité de cette prise de parole n’a pas échappé à la junte militaire nigérienne.
Cette dernière prend très au sérieux la menace d’une intervention militaire européenne, possiblement planifiée.
D’abord, les chefs d’état-major des armées de trois pays, qui ne sont pas en odeur de sainteté avec Niamey, se sont rencontrés le 19 mars à Cotonou : la Côte d’Ivoire (qui avait pris la tête de la force en attente contre le Niger), le Bénin (qui a maille à partir avec les militaires nigériens) et la France (l’ex-puissance coloniale). L’objectif était le renforcement de leur « synergie opérationnelle ».
Ensuite, le contexte international s’y prête. Les États-Unis de Donald Trump veulent démontrer leur puissance au monde, en commençant par imposer leur ligne au Venezuela et à l’Iran.
Enfin, le député européen porteur de la résolution s’appelle Christophe Gomart. Il est ressortissant de la France, pays avec lequel le Niger a rompu ses relations après le renversement, en juillet 2023, du président Bazoum.
De plus, il est général de corps d’armée et ancien directeur du renseignement militaire de l’ancienne métropole, qui chercherait à écarter les militaires au pouvoir pour reprendre l’exploitation de l’uranium.
Le Niger et l’Alliance des États du Sahel (AES) sont donc sur le pied de guerre.
F. M. Bally
photo:dr
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