Ahoua Don Mello choisit un agenda politique léger, préférant l’influence discrète aux éclats intempestifs ou prématurés.
Fidèle de Gbagbo dès les années 1980, il occupe des postes clefs sous son régime. Y compris à la tête du BNETD jusqu’en 2011
Pourtant, sa candidature potentielle n’a émergé publiquement que bien après 2023. Malgré l’impatience des militants du PPA‑CI.
Cette absence prolongée peut se comprendre. Indépendamment de ses accointances avec Gbagbo, il cultivait une posture technocratique, davantage tourné vers l’expertise que l’activisme.
Entre 2011 et 2021, il multiplie missions techniques pour plusieurs pays africains. Tout en se forçant discret conseiller panafricain pour Alpha Condé ou le patronat russe.
En novembre 2024, il signe une lettre à Gbagbo plaidant pour l’ouverture du processus électoral interne. Provoquant des réactions vives au sein du PPA‑CI, jugée surprenante voire déplacée.
Cette initiative, tardive et peu coordonnée, affaiblit sa position. Elle contraste avec les attentes fondées, et suscite des critiques sur ses motivations véritables.
À deux mois du scrutin, ses prises de parole paraissent improvisées.
Sans ancrage militant concret ni coalition politique structurée.
Les cadres jeunes du PPA‑CI comme Blaise Lasme ou Steve Beko ne le suivent pas massivement, sa candidature manquant d’élan et de soutien visible.
Troisième point problématique : son recours aux réseaux liés à l’Alliance pour l’Émergence Sociale (AES) reste peu explicité, voire énigmatique. Ses liens avec Moscou et le patronat russe élargissent son profil mais brouillent sa légitimité nationale
Bilan :
Son profil valorisé auprès de cercles intellectuels ou institutionnels ne suffit pas à compenser une stratégie politique tardive et non calibrée.
En politique, le timing est crucial : attendre longtemps pour se déclarer peut transformer ambition en dilemme stratégique.
Sans base militante solide, sans coalition jeune, et avec des appuis institutionnels flous, il risque de n’être qu’un plan B peu crédible.
Face à la machine du pouvoir ou aux cadres organisés du PPA‑CI, le silence stratégique peut devenir boomerang politique.
En résumé, M. Don Mello reste une énigme dans sa posture : très introduit, trop tard ? Ou trop prudent pour être entendu ?
ALEX KIPRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
