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Derrière ses dehors maladroits, le président américain semble plus fort qu’il n’y paraît. En quelques jours seulement, il donne des signes d’une adresse dont font preuve les grands négociateurs.

Son style franc, direct et quelque peu rustre porte ses fruits. Le 15 août dernier, il réussit à faire venir le maître du Kremlin sur le sol américain pour un face-à-face. Entre chaudes poignées de main, tapis rouge et covoiturage, Donald Trump a réussi à faire parler le président Poutine et à avancer vers un accord de paix avec l’Ukraine.

Aujourd’hui, l’on annonce une probable invitation du président Zelensky à se rendre à Moscou. Cette éventualité était impensable il y a encore quelques années. Pour en arriver là, le président américain s’est entretenu avec les dirigeants européens dans le Bureau ovale. Mais avant eux, il a eu un tête-à-tête avec Zelensky pour lui faire part des conditions posées par la Russie. Et le convaincre de faire des concessions afin de mettre fin au carnage qui dure depuis maintenant des années. Oublié, l’entretien tendu d’il y a six mois dans le Bureau ovale entre les deux hommes. Ici, le ton est cordial, presque paternel.

De l’autre côté, les présidents européens, convoqués à Washington, ont perdu la main et de leur superbe, ce qui se lit dans le déroulement des événements.

Le lundi 18 août, reçus par la cheffe du protocole au seuil de la Maison Blanche, ils n’ont pas droit à un tête-à-tête avec le président américain. Encore moins au tapis rouge. Bien au contraire – et l’image est saisissante. Assis derrière son bureau, Donald Trump a devant lui Emmanuel Macron pour la France, Giorgia Meloni pour l’Italie, Keir Starmer pour le Royaume-Uni, et les autres, eux, en demi-cercle, encadrant Volodymyr Zelensky, comme des collaborateurs venus recevoir des instructions.

Ils étaient tous venus réclamer un cessez-le-feu. Pour se voir indiquer que l’objectif visé par les administrations américaine et russe est un accord pour une paix durable. Pour ne pas perdre la face, et par la voix du président français, ils demandent une réunion quadripartite. Là où Donald Trump privilégie un dialogue direct entre Zelensky et Poutine.

Assurément, les dernières évolutions dans les négociations vers une paix en Ukraine ont clairement montré la haute main du pensionnaire de la Maison Blanche sur les relations internationales. Et le rôle des Européens s’amenuise. En témoigne une Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, complètement perdue. Alors que le président américain se vante d’avoir mis fin à au moins six conflits armés, sa course vers le prix Nobel de la paix semble bien engagée.

TAMA CESAR

photo:dr

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