Hélène Lobé (présidente des écrivains): « notre siège est un espace de dignité retrouvée »

11 mois

Longtemps attendue, la concrétisation d’un siège officiel pour l’Association des Écrivains de Côte d’Ivoire marque un tournant historique.

Dans cet entretien avec Pouvoirs Magazine, la présidente Hélène Lobé revient sur les défis relevés, les implications concrètes de ce nouveau siège, et les perspectives qu’il ouvre pour les écrivains ivoiriens, dans un écosystème du livre encore fragile.

Pouvoirs Magazine : Madame la Présidente, pourquoi a-t-il fallu autant de temps pour doter l’AECI d’un siège, alors que l’association existe depuis plusieurs décennies ?

Hélène Lobé : C’est un nouveau départ pour l’AECI, et c’est ce qu’il faut célébrer. De nombreuses structures, même bien implantées, fonctionnent encore sans siège propre. Nous avons enfin franchi ce cap. Ce n’est ni une faiblesse ni une honte d’avoir mis du temps ; c’est la preuve qu’avec de la détermination, les choses finissent par se faire. L’essentiel, c’est que nous y sommes arrivés ensemble.

Pouvoirs Magazine : Comment ce projet a-t-il été financé concrètement ?

Hélène Lobé : Il n’y a eu ni miracle, ni mécène providentiel. Nous avons lancé un appel à contribution, et les écrivain.e.s y ont répondu avec un bel esprit de solidarité. Ce siège est donc le fruit d’un effort collectif. Il montre que lorsque nous nous rassemblons, nous pouvons aller loin. Ensemble, nous sommes forts.

Pouvoirs Magazine : Certains considèrent que ce siège vise surtout à redorer l’image de l’AECI. Que leur répondez-vous ?

Hélène Lobé : Si ce projet renforce l’image de l’association, où est le problème ? Ce n’est plus un projet, c’est une réalité : les écrivains ont désormais une adresse. Une maison. Un repère. Nous remercions Dieu, mais aussi chaque membre de l’AECI. Ce lieu est un espace de dignité retrouvée.

Pouvoirs Magazine : Combien d’écrivains actifs bénéficient réellement du soutien de l’AECI aujourd’hui ?

Hélène Lobé : L’AECI est vivante. Nous avons des membres MURS : Mâtures, Unis, Responsables, Solidaires. Ils s’impliquent, ils soutiennent, ils participent. Ce n’est pas qu’une structure administrative : c’est une famille littéraire. Lorsqu’un membre organise un événement ou traverse une épreuve, la communauté répond présente. Ce siège vient renforcer cette dynamique.

Pouvoirs Magazine : Le siège restera-t-il un simple symbole ou deviendra-t-il un outil concret de développement pour les auteurs ?

Hélène Lobé : Nous ne voulons pas d’un bâtiment-fantôme. Le siège doit vivre. Il accueillera des ateliers d’écriture, des formations, des rencontres littéraires, des résidences d’auteur.e.s. C’est un outil de travail et de rayonnement. Il va professionnaliser davantage notre milieu, servir de tremplin pour nos projets à venir.

Pouvoirs Magazine : En quoi ce siège va-t-il vraiment faire bouger les lignes, dans un secteur où les livres ne se vendent pas encore massivement ?

Hélène Lobé : Soyons réalistes : un siège ne garantit pas des chiffres de vente. Mais c’est une infrastructure de base, un outil de crédibilité, un ancrage. Il nous permet de nous structurer, de mieux dialoguer avec les institutions et les partenaires. Et ce n’est qu’une étape. La Maison du Livre, initiée par Mme la Ministre de la Culture et de la Francophonie, arrive à grands pas. Ce sera un autre levier majeur pour l’ensemble du secteur, un espace de dignité retrouvée.

Entretien avec Hélène Lobé, présidente de l’AECI

(Propos recueillis par la rédaction de Pouvoirs Magazine)

Conclusion de Pouvoirs Magazine

L’AECI entre dans une nouvelle ère. L’obtention d’un siège officiel n’est pas un aboutissement, mais une fondation. Avec cette adresse, les écrivain.e.s ivoiriens peuvent désormais rêver plus grand, se projeter plus loin, et surtout, écrire ensemble les prochaines pages de la littérature nationale.

photo:dr

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