Les sanctions pleuvent au PPA-CI. Il apparaît évident que le devoir de remettre tout le monde au pas a transcendé la rhétorique du « Asseyons-nous et discutons ». Pourtant proclamée de bonne foi.
Le mois de juillet 2025 est devenu celui des longs couteaux et des purges internes. Deux militants du « parti de Gbagbo », Dapa Donacien et Ahilé Fernand, démis de leurs fonctions. Au sein des instances pour leur proximité avec Ahoua Don Mello.
Ce dernier, désormais dans le collimateur, a lui aussi été révoqué de son poste de vice-président exécutif en charge des Lacs. Et de la promotion du panafricanisme.
Don Mello ne s’est pas arrêté à sa proposition, accueillie avec hostilité, de « deux ou trois candidatures par précaution » à la présidentielle du 25 octobre 2025.
En raison de l’élimination de Laurent Gbagbo de la liste électorale définitive, le vice-président du PPA-CI a cru bon de saisir, par une note d’analyse, le président du parti. Afin de soumettre une stratégie permettant de contourner l’obstacle juridique.
Mais il a prêché dans le désert. Sans discussion ni débat, son idée est une “diversion orchestrée de manière grossière”.
Il a scellé son sort en se déclarant, le 31 juillet 2025, candidat à la candidature pour l’élection présidentielle.
Cette annonce a fait déborder un vase déjà plein à ras bord depuis un moment.
La réaction immédiate du PPA-CI, dès la fin de sa conférence de presse, montre que Don Mello était attendu au tournant. Avec des courriers déjà rédigés.
À peine le président exécutif Sébastien Dano Djédjé l’a-t-il qualifié « d’ancien collaborateur du président Laurent Gbagbo » qu’un communiqué officiel du président du parti l’a exclu des instances dirigeantes.
Et voilà que le compagnonnage politique entre Laurent Gbagbo et Ahoua Don Mello prend, à nouveau, du plomb dans l’aile.
En 1996, dénonçant la dérive droitière du parti dans son alliance avec le RDR – perçu comme un allié de l’impérialisme –, Don Mello avait créé un courant. « La Renaissance », devenu parti politique en 1998.
Le divorce avait pris fin avec la rupture des relations entre ces deux partis d’obédience opposée.
Mais voilà que, en 2025, la crise politique ressurgit entre Gbagbo et son empêcheur de tourner en rond. Dont la tête est désormais mise à prix.
F. M. BALLY
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

