Alors que certains s’étonnent du rapprochement entre le PPA-CI et Guillaume Soro, Steve Beko recadre le débat : le combat politique mené aux côtés de Laurent Gbagbo ne saurait être réduit à une fidélité aveugle.
Il appelle à une lecture mature de la réconciliation, dénonçant les contradictions de ceux qui critiquent l’opposition tout en se réclamant de la paix.
« Mello a adressé une lettre à Gbagbo. Et certains s’en étonnent, comme si c’était un sacrilège.
Quand nous disons que Laurent Gbagbo est notre candidat, on croit que nous menons un combat uniquement pour lui.
Non. Nous ne menons pas un combat pour Gbagbo, mais un combat avec lui, avec nos propres convictions politiques.
Il y a des opposants dont l’activité principale consiste à critiquer… l’opposition elle-même.
Mais à qui s’opposent-ils, en réalité ?
Tu dis que Soro Guillaume a tué des Ivoiriens. Mais tu dis aussi œuvrer pour la paix et la réconciliation.
Alors, pourquoi refuser que d’autres, sincèrement, fassent aussi ce pas vers la réconciliation, y compris avec Guillaume Soro ?
Tu nous as parlé de paix, tu nous as enseigné la réconciliation. On a bien compris ton message.
Aujourd’hui, nous marchons avec Soro Guillaume, et cela te dérange. Pourquoi cela t’affecte-t-il autant si tu veux vraiment la paix ?
Ce n’est pas en attaquant ceux qui œuvrent à la cohésion qu’on construit une nation réconciliée et durable.
La paix ne se décrète pas. Elle se construit avec courage, ouverture, mémoire… et parfois, avec ceux qu’on n’attendait plus. »
JULIEN BOUABRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
