Une attaque meurtrière a frappé la paroisse Bienheureuse-Anuarite de Komanda, en Ituri, région frontalière de l’Ouganda, dans l’est congolais.
Dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 juillet, des hommes armés ont pénétré l’église et ouvert le feu sans distinction.
Le groupe rebelle ADF, lié à l’État islamique, est accusé d’avoir organisé cette tuerie dans une zone pourtant récemment apaisée.
Les assaillants ont visé des fidèles rassemblés pour une activité de jeunesse du mouvement catholique Croisade eucharistique, selon les témoins locaux.
L’abbé Aimé Lokana Dhego, curé de la paroisse, affirme que 31 jeunes fidèles ont été tués, six autres gravement blessés.
Certains jeunes manquent toujours à l’appel, probablement enlevés par les assaillants, ce qui fait redouter un bilan humain encore plus lourd.
Sept autres corps ont été retrouvés ailleurs dans Komanda, localité située à 75 kilomètres au sud de Bunia, chef-lieu provincial.
Le chef de quartier Umoja, Dieudonné Katanabo, évoque une scène d’horreur : au moins 35 corps recensés autour de l’église.
L’attaque intervient après plusieurs mois de calme relatif dans cette région meurtrie par les violences répétées des groupes armés.
Christophe Munyanderu, responsable d’une ONG locale, avance un bilan provisoire de 38 morts, tout en dénonçant l’inaction des autorités sécuritaires.
L’armée congolaise, par la voix du lieutenant Jules Ngongo, a confirmé l’attaque mais s’est abstenue d’en préciser les pertes humaines.
Les ADF, d’origine ougandaise, sont actifs depuis plusieurs années dans le nord-est congolais, semant terreur, pillages et meurtres à répétition.
Malgré une opération militaire conjointe avec l’Ouganda lancée fin 2021, les exactions des ADF se poursuivent dans l’est du pays.
La localité de Komanda constitue un carrefour stratégique, reliant plusieurs provinces orientales : Tshopo, Maniema et Nord-Kivu, zones également instables.
Les attaques des ADF ciblent souvent les civils, y compris dans les lieux de culte, pour frapper psychologiquement les communautés locales.
La dernière attaque d’ampleur dans la région remontait à février, avec 23 morts dans le territoire voisin de Mambasa.
Les autorités militaires évoquent une traque en cours, mais les populations locales dénoncent un sentiment d’abandon et d’insécurité grandissante.
L’État islamique a revendiqué plusieurs attaques des ADF dans le passé, confirmant leur enracinement dans une mouvance jihadiste internationale.
Les survivants décrivent une scène apocalyptique : fidèles abattus à bout portant, hurlements, chaos, sang répandu sur les bancs d’église.
Komanda, à nouveau endeuillée, devient le symbole d’une région martyrisée, où les prières peinent à couvrir le bruit des armes.
JULIEN BOUABRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

