Présidentielle 2025 : verrouillage politique ou vérité juridique

6 mois

Plusieurs jeunes figures de l’opposition ont été arrêtées début juillet, ravivant les soupçons d’un contrôle politique de la justice.

À moins de quatre mois du scrutin présidentiel, plusieurs militants du principal parti d’opposition sont à Abidjan. Suscitant l’indignation.
Les faits sont survenus mardi 8 juillet. Avec la mise en garde à vue de trois jeunes figures connues pour leur engagement politique.
Ces interpellations, décrites comme arbitraires par leurs proches, alimentent les craintes d’un climat pré-électoral devenu étroit et inquiétant.
Selon Me Emile Suy Bi Gohoré, avocat des personnes concernées, ce sont cinq arrestations similaires depuis début juin 2025.
Les derniers arrêtés, issus de la jeunesse militante du parti, sont toujours bloqués après leur audition par la gendarmerie nationale.
Leur implication dans de prétendus troubles à l’ordre public paraît mince, voire inexistante. Selon les premiers éléments disponibles dans l’affaire.
L’un des précédents cas, Innocent Yao, aurait atteint la sûreté de l’État dans une procédure encore floue.
Un autre militant, Henri Joël-Ndri Kouadio, responsable étudiant du PDCI, aurait  diffusé un appel à la mobilisation.
Son message, publié avant un rassemblement en mai dernier, aurait suffi à justifier son arrestation selon les autorités compétentes d’Abidjan.
Tous deux se retrouvent actuellement au sein du pôle pénitentiaire. Ce qui suscite l’inquiétude croissante dans les cercles politiques et civils.


Le groupe parlementaire du PDCI a diffusé un communiqué.

Alertant sur des arrestations ciblées de figures de l’opposition, dont des députés.
Simon Doho, président du groupe, redoute que d’autres parlementaires comme Soumaïla Bredoumy figurent sur une liste noire en constitution.
Ces soupçons renforcent la perception d’un rétrécissement de l’espace démocratique et d’un usage stratégique des procédures judiciaires.
Plusieurs leaders majeurs de l’opposition, comme Tidjane Thiam ou Laurent Gbagbo, sont exclus du processus électoral actuel par la justice.
Leur exclusion du vote et de la candidature alimente un sentiment d’injustice profond parmi leurs partisans et certains observateurs extérieurs.
Le pouvoir rejette fermement toute idée d’ingérence dans les affaires judiciaires et appelle au respect strict des procédures légales.
Les critiques estiment néanmoins que la coïncidence entre ces procédures et l’agenda électoral reste trop lourde pour être ignorée.
À mesure que l’échéance présidentielle approche, les arrestations répétées tendent l’atmosphère politique déjà pesante à Abidjan et ailleurs.
La société civile, quant à elle, appelle à la retenue, à la transparence et à un retour à l’esprit du dialogue républicain.
Les prochaines semaines diront si la Côte d’Ivoire choisit un climat d’apaisement ou s’enferme dans une logique d’intimidation pré-électorale.

ETHAN GNOGBO

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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