Jeudi 26 juin, la direction du Pdci-Rda s’est exprimée face à la presse, à Cocody, sur le processus électoral.
Le thème du jour : les dérives du parrainage citoyen et les manœuvres d’exclusion orchestrées par la Commission électorale indépendante.
Dans un contexte tendu, Me Blessy Chrysostome, de retour après une convalescence, a pris la parole avec fermeté.
Son absence prolongée, que certains interprétaient à tort comme une brouille politique, s’explique par un ennui de santé surmonté.
Il était aux côtés de Brédoumy Soumaïla, porte-parole du parti, pour dénoncer une réforme électorale jugée profondément inéquitable.
Ils ont critiqué l’ordonnance du 7 mai, modifiant l’article 51 du code électoral pour instaurer un parrainage populaire.
Ce mécanisme impose de réunir 1 % de l’électorat dans la moitié des régions, plus Abidjan et Yamoussoukro.
Présenté par le gouvernement comme garant d’un ancrage national, ce dispositif est perçu comme un filtre aux allures discriminatoires.
Le Pdci-Rda y voit un obstacle taillé sur mesure pour gêner ses candidats et déséquilibrer le jeu démocratique.
L’utilisation de tablettes, la demande du numéro de carte d’électeur soulèvent des inquiétudes quant à la transparence du processus.
En toile de fond, le sort de Tidjane Thiam, écarté pour double nationalité, cristallise la tension autour du scrutin.
La radiation de Laurent Gbagbo, pour une condamnation passée, alimente également les soupçons de manipulation judiciaire à des fins politiques.
Le Pdci-Rda exige la réintégration pleine et entière de ses figures, au nom du respect des droits démocratiques fondamentaux.
« Nous utiliserons tous les recours légaux pour rétablir la vérité électorale », ont martelé les représentants du parti, très déterminés.
Le parti refuse que le parrainage devienne un outil d’exclusion déguisée, contraire à l’esprit d’une compétition ouverte et équitable.
Il rappelle que cette caution populaire doit exprimer le soutien citoyen, non servir de prétexte à des exclusions ciblées.
Le Pdci-Rda maintient son candidat, Tidjane Thiam, malgré les entraves, et continue de se battre pour un scrutin équitable.
Dans ce combat, le retour de Me Blessy, apaisé mais combatif, marque un signal fort de continuité et de clarté.
Le parti, uni autour de ses principes, ne se laissera ni diviser ni intimider par des réformes de façade.
La démocratie ivoirienne mérite mieux qu’un simulacre de pluralisme construit sur des artifices juridiques et des décisions partisanes.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

