Le jeudi 4 mai 2017 à Ouangolodougou, une rencontre de sensibilisation sur la question du coton s’est tenue au centre culturel.
Les acteurs clés de la filière comme le Conseil Coton-Anacarde et Intercoton dirigent la rencontre. Les rumeurs en ville demandent le départ du préfet. Des tensions entre le préfet et les jeunes sont vives. Mais le préfet décida de participer à la réunion. Le maire parlait d’un ton conciliant aux producteurs rassemblés en les suppliant d’accepter le nouveau régime de zonage.
Le préfet lui tenait des propos différents. Il dénonça le fait que certaines personnes pensaient qu’il était parti au Burkina ou au Mali. Alors qu’il n’était parti nulle part, qu’il était bien à son poste et toujours préfet en exercice. Ces propos suscitèrent l’indignation de la population et la colère des jeunes. Il eut des jets de pierres.
L’ambiance fut surchauffée par une foule en colère. Le préfet et les délégués venus de Korhogo pour la réunion sont escortés par les corps habillés. Jusqu’à son domicile. Peu de temps après, ils y sont rejoints par la foule. Camouflé dans la tenue d’un policier, le préfet fut évacué sur une piste par les forces de l’ordre venues en renfort.
arrogance quant à l’exercice de son pouvoir
Sa famille aussi. Toutes les grandes voies sortant d’Ouangolodougou étaient barrées par la jeunesse. Malgré les voix calmantes des autorités coutumières, les jeunes s’adonnèrent au pillage et à la destruction du domicile du préfet. Un bœuf qui était attaché dans le jardin de la résidence fut abattu, découpé et emporté.
Ne trouvant pas le préfet à son domicile, la foule se dirigea vers les locaux de la préfecture. Le secrétaire général réussit toutefois à convaincre les manifestants de désigner quatre personnes. Pour procéder à une fouille des locaux. Ces dernières, ayant procédé à la fouille sans trouver le préfet, ont rassuré la foule, qui s’est ensuite dispersée.
Cris et clameurs mirent un terme à ce « jeudi noir ». Qui a vu la population destituer le préfet d’Ouangolodougou. Pour la vente par le préfet, Sindhou Coulibaly, de terrains destinés à l’usage public et aux cérémonies traditionnelles. De même que son arrogance quant à l’exercice de son pouvoir.
Sophie Blé
PHOTO/DR
POUVOIRS MAGAZINE

