Alors que le Togo est autorisé à voyager dans le ciel Nigérien, la Côte d’Ivoire en est interdite
L’interdiction des vols aériens a un impact économique significatif, tant pour le Niger dirigé par la junte militaire que pour la Côte d’Ivoire, pays membre de la CEDEAO. Cela entraîne des pertes économiques pour les compagnies aériennes, les secteurs du tourisme et du commerce, ainsi que des difficultés pour les citoyens et les résidents qui dépendent des liaisons aériennes pour voyager.
Un refus qui intervient dans un contexte tendu entre Abidjan et la junte militaire.
Les relations sont délicates depuis que la Côte d’Ivoire s’est alignée sur les positions de la Cedeao contre les putschistes. Un facteur géopolitique qui pourrait expliquer les réticences nigériennes.
Une chose est sûre, le bras de fer se poursuit dans les airs entre le Niger et la Côte d’Ivoire.
Alors qu’Asky a pu reprendre ses vols vers le Niger dès le 2 mars, après la levée de l’embargo de la CEDEAO, Air Côte d’Ivoire attend toujours le feu vert des autorités aériennes locales pour réactiver sa desserte.
Preuve en est, l’interdiction de survol réitérée le 4 mars pour tous les appareils français jusqu’au 4 juin prochain.
Tout en croyant pénaliser la Côte d’Ivoire, sur le Niger il peut y avoir des répercussions humanitaires, en limitant la capacité d’acheminement de l’aide humanitaire, des fournitures médicales et des secours d’urgence vers le pays touché par le coup d’État. Cela peut aggraver les conditions humanitaires déjà précaires dans le pays.
De source garantie, les médiateurs régionaux et internationaux sont mobilisés pour faciliter les pourparlers entre la junte militaire nigérienne et les acteurs politiques ivoiriens qui accusent un retard considérable.
Après avoir devancé son concurrent ivoirien à Johannesburg en 2022, »Asky » la compagnie togolaise dirigée par Esayas Woldemariam pourrait récidiver avec de nouveaux vols vers l’Europe, et en particulier la capitale française, d’ici à la fin de 2024. Un marché sur lequel Laurent Loukou, le directeur général d’Air Côte d’Ivoire, cherche justement à asseoir ses positions et trouver ses marques.
Par ailleurs, il est important de noter qu’Air Côte d’Ivoire assure trois vols par semaine vers Niamey, avec une escale à Ouagadougou. La compagnie dessert 25 destinations en Afrique de l’Ouest et du Centre, et transporte environ 800 000 passagers par an. Elle emploie 650 personnes et dispose d’une flotte de 14 appareils, dont six Airbus A320 et quatre Bombardier Q400.
Asky, quant à elle, assure quatre vols par semaine vers Niamey, avec une escale à Lomé. La compagnie dessert 23 destinations en Afrique de l’Ouest et du Centre, et transporte environ 1,2 million de passagers par an. Elle emploie 500 personnes et dispose d’une flotte de 10 appareils, dont quatre Boeing 737 et six Bombardier Dash 8.
JM AHOUSSY
POUVOIRS MAGAZINE

