Enseignant à l’Université de Cocody, et également politique et il jette un doute sur l’élection récente par un score soviétique de Tidjane Thiam à la Présidence du Pdci-Rda. Il nous en donne les raisons.
Pourquoi doutez-vous de l’élection de Tidjane Thiam aloes que 4000 personnes sont favorables à ce qu’il préside le Pdci-Rda
Les réserves que j’émets quant à l’élection, comme vous dîtes, de M. Tidjane Thiam procèdent d’une série de dysfonctionnements qui, à mon sens, n’ont pas permis que se révèlent les courants internes au parti. Or c’est la révélation de ces courants, ce qui s’appelle le dissensus, qui fonde la démocratie. A cela s’ajoute, plus grave, le mépris des textes. En effet, aux termes de l’article 41 des statuts du PDCI-RDA, peut faire acte de candidature à la présidence du parti tout cadre « membre du Bureau Politique pendant au moins 10 ans ». Or M. Tidjane Thiam a intégré le Bureau Politique du PDCI en 1996, en 1999 comme chacun sait, il a quitté le pays à la suite du coup d’Etat militaire de Robert Guéi. Lors du 11e Congrès Ordinaire du PDCI-RDA en 2002, personne ne peut soutenir sérieusement que le nouveau président du PDCI-RDA a figuré sur la liste du Bureau Politique. C’est la même chose pour le 12e Congrès en 2013. Ce n’est qu’en 2023, à l’occasion d’un Congrès Extraordinaire, que Henri Konan Bédié réintègre Tidjane Thiam au Bureau Politique. Les arguments de ses soutiens faisant valoir d’autres considérations sont inaudibles.
Vous semblez perdre de vue que cette élection ne concerne que le Pdci-Rda
La Constitution dispose que « Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage », la réforme unilatérale du code électoral par Alassane Ouattara en 2020 à travers l’introduction du parrainage et la hausse de la caution de candidature accentuent la mainmise des partis politiques sur l’exercice du pouvoir d’Etat. A partir de ce moment tout citoyen est parfaitement fondé à interroger les processus démocratiques internes car ils décrivent une façon de diriger l’Etat. Un parti qui méprise ses textes et qui empêche la compétition interne a de quoi inquiéter. Par ailleurs, la souveraineté du Congrès dont parlent certains militants du PDCI n’est valable que dans le cadre des statuts du parti. Le Congrès qui est un organe du parti n’existe pas en soi, il n’existe que par les statuts ; il doit par conséquent leur être soumis. C’est extraordinaire qu’on doive expliquer ces choses à un parti aussi ancien et qui compte des intellectuels parmi les plus brillants du pays.
Il est Président du Pdci-Rda désormais, que lui faut-il pour battre le candidat du Rhdp, Ouattara le cas échéant?
J’ai du mal à prendre acte du déni de démocratie, c’est exactement la même chose que pour le passage en force de 2020, l’on a demandé au citoyen de prendre acte du 3e mandat. Finalement, l’arbitraire va s’imposer comme mode de gestion en Côte d’Ivoire et c’est dangereux. Maintenant que c’est dit, j’inviterai pour ma part M. Thiam a entré dans un commerce profond avec le peuple, son histoire, la contradiction principale dont le règlement a sans cesse été différée. Peut-être à deux ans de la future présidentielle comprendra-t-il alors les tiraillements sourds qui limitent le déploiement des énergies. C’est à ce prix, me semble-t-il, qu’il obtiendra une adhésion réelle nécessaire pour arracher l’alternance.
Je voudrais vous inviter à qualifier en un seul mot de préférence les personnes dont j’énoncerai les noms: Akossi Bendjo?
Pusillanime
Guikahué ?
Politicien
Jean-Marc Yacé ?
Sans grand relief (superficiel n’est pas totalement exact, novice non plus)
Koumoué Koffi?
Utopiste dans le bon sens du terme
Cowppli Bony?
Géronte (au sens d’une catégorie sociale en ôtant la dimension injurieuse du mot
J’ai choisi certaines fois une description pour éviter de blesser
Nous vous remercions
C’est moi
POUVOIRS MAGAZINE
