« Le risque juridique »: quand un cabinet cherche à établir sa légitimité

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Derrière le discours sur l’anticipation du risque, le cabinet Bilé-Aka Brizoua-Bi & Associés revendique dans une publication sortie des colonnes de Ivoire Ceo du mois d’octobre 2026,  une expertise qui reste pourtant largement à démontrer par des faits, des dossiers et des résultats vérifiables.

Présenté comme une réflexion sur le risque juridique, le texte consacré au cabinet Bilé-Aka Brizoua-Bi & Associés ressemble surtout à un exercice de légitimation institutionnelle.

Le texte est bien construit. Peut-être même trop bien construit.

Tout y concourt à installer une image d’expertise : ancienneté du cabinet, parcours académique de Michel Kizito Brizoua-Bi, arbitrage, conseil, gouvernance, contentieux et responsabilités ordinales.

Mais derrière cette accumulation de références, une question demeure : où sont les preuves ?

Le texte parle abondamment de risque, de contrats, de différends et d’anticipation. Pourtant, il ne présente pratiquement aucun dossier concret permettant de vérifier cette expertise.

Quel conflit a été évité ? Quelle opération a été sécurisée ? Quel arbitrage a produit quel résultat ? Quels montants étaient en jeu ? Quels enseignements ont été tirés ?

Le lecteur n’en saura rien.

C’est la principale faiblesse du texte : il affirme une méthode sans véritablement la démontrer.

Le vocabulaire renforce cette impression. « Trajectoire », « continuité », « approche », « lecture du risque », « plusieurs angles » : ces expressions donnent une apparence analytique à un discours qui reste largement déclaratif.

Le parcours de Michel Kizito Brizoua-Bi est évidemment un élément de contexte. Mais des diplômes prestigieux et des fonctions institutionnelles ne suffisent pas, à eux seuls, à établir une efficacité professionnelle.

Il manque surtout la contradiction.

Aucune voix extérieure ne vient confronter le positionnement du cabinet à la réalité du marché juridique ivoirien. Aucun client, universitaire, arbitre ou spécialiste ne vient confirmer, nuancer ou discuter cette lecture du risque.

Le texte transforme ainsi progressivement l’expérience en preuve, alors qu’elle ne constitue qu’un indice de crédibilité.

Son idée centrale reste pourtant intéressante : un contrat doit être pensé en tenant compte de la possibilité d’un futur différend.

Mais cette idée n’est ni nouvelle ni suffisante.

Un contrat ne sert pas seulement à préparer un procès. Il sert d’abord à organiser une relation économique, répartir les responsabilités et permettre aux parties de travailler ensemble malgré l’incertitude.

La vraie question aurait donc été de savoir ce que cette pratique apporte de particulier.

C’est précisément ce que le texte ne démontre pas.

Au final, cette production fonctionne davantage comme un récit de positionnement que comme une analyse journalistique. Elle construit une réputation, mais apporte trop peu de faits pour véritablement la mettre à l’épreuve.

Le texte parle beaucoup du risque. Il aurait gagné en force en prenant davantage de risques journalistiques : montrer les dossiers, confronter les points de vue et soumettre le discours aux faits.

FATEM CAMARA & ETHAN GNOGBO

POUVOIRS MAGAZINE

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