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Plume bien connue du paysage médiatique ivoirien, Ferro Bally, ancien transfuge du Groupe Olympe puis de Fraternité Matin, aujourd’hui à la retraite, continue de distiller des éditoriaux aussi brefs que ciblés.

Dans cette nouvelle analyse signée F. M. Bally, il décrypte le sens politique de la récente sortie de Nadiani Bamba, épouse de Laurent Gbagbo. On le lit:

« La sortie de Nadiani Bamba, épouse Gbagbo et militante de base du PPA-CI, n’était donc pas gratuite. C’était un message bien ciblé qui commence déjà à produire ses premiers effets.

Contrairement à son annonce d’octobre 2025, le président du parti renonce à se retirer. « Les promesses des hommes politiques n’engagent que ceux qui les reçoivent », prévenait Jacques Chirac.

En l’occurrence, la mission de Laurent Gbagbo dans l’arène politique se poursuit. À 80 ans. Son épouse a d’ailleurs pris soin d’écrire, afin qu’il ne l’oublie jamais, que « la gauche ivoirienne, c’est lui ». Point final. Et sans relève annoncée. »

F. M. Bally

Sous la plume incisive de Ferro Bally, ce texte dépasse le simple commentaire partisan pour poser une question centrale de la démocratie ivoirienne. Celle de la confiscation du destin des partis par leurs figures tutélaires. La sortie de Nadiani Bamba n’est pas présentée comme une déclaration affective ou militante. Mais comme un acte de réaffirmation idéologique et de verrouillage politique. En proclamant que « la gauche ivoirienne, c’est lui », elle réduit l’existence même du PPA-CI à la personne de Laurent Gbagbo et consacre l’effacement de toute alternative interne.

Bally expose ainsi la contradiction fondamentale des partis africains contemporains. Ils revendiquent le combat démocratique tout en demeurant prisonniers d’un leadership messianique. Le renoncement de Gbagbo à son retrait traduit moins une volonté personnelle qu’une incapacité structurelle du parti à organiser sa succession. Derrière cette permanence du chef se lit la peur du vide. Mais aussi l’échec d’une génération politique à transmettre le pouvoir, les idées et la légitimité.

Le texte révèle enfin une vérité plus brutale. Dans une opposition ivoirienne fragmentée et affaiblie, Gbagbo reste moins un ancien président qu’un capital politique indispensable, un mythe mobilisateur sans lequel la gauche peine encore à exister électoralement et symboliquement

POUVOIRS MAGAZINE

photo: dr

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