Le 14 septembre 2012 disparaissait à Treichville l’un des plus brillants milieux de terrain que le football ivoirien ait connus.
Surnommé “Docteur” pour la précision chirurgicale de ses passes, Ernest Kallet Bialy fut un capitaine emblématique de l’Africa Sports. Un leader à la fois technique et charismatique, et une figure majeure de l’équipe nationale dans les années 1960 et 1970. Treize ans après sa disparition, ses anciens coéquipiers, ses amis et les amoureux du ballon rond continuent d’honorer sa mémoire.
C’était un 14 septembre 2012. Un vendredi. À Treichville, dans ce quartier populaire qui vibre au rythme du football ivoirien, le cœur du « Docteur » s’est arrêté.
Et depuis treize ans aujourd’hui, Ernest Kallet Bialy repose, mais son nom, lui, continue de courir sur toutes les pelouses de la mémoire.
Capitaine mythique de l’Africa Sports d’Abidjan, il fut un meneur de jeu hors pair, un maître à penser du terrain. Une silhouette menue mais redoutable. Ceux qui l’ont vu jouer se souviennent d’un joueur élégant, stratège, précis, capable de faire basculer un match non par la force brute, mais par la finesse du geste. À son époque, on ne le surnommait pas pour rien le Cruijff ivoirien.
Mais au-delà du joueur, il y avait l’homme. L’ami. Le collègue fidèle. Le frère d’âme.
De Blé Théodore, Toualy Tranchant, Moh Emmanuel – qu’on appelait déjà « Docteur » pour ses dribbles opérés au scalpel.
Tous ont témoigné de cette génération dorée, que portaient des hommes de principes, de caractère et d’honneur.
Son duel de légende avec Laurent Pokou – devenu un mythe dans le mythe – n’a jamais entamé son engagement pour l’équipe nationale. Bien au contraire. Lors de la CAN 1970, c’est lui qui sert trois passes décisives à son rival d’hier, transformant une rivalité en complémentarité, et élevant le jeu au rang d’art.
Champion à trois reprises (1967, 1968, 1971), médaillé de bronze en 1968 à la CAN, Ernest Kallet Bialy n’était pas seulement un joueur, il fut aussi un passeur de mémoire : conseiller de l’Africa Sports après sa carrière, il est resté lié au football ivoirien jusqu’à ses derniers jours.
Aujourd’hui encore, ceux qui aiment ce jeu avec passion prononcent son nom avec respect.
Il ne portait pas de diplôme universitaire. Mais sur le terrain, il avait la science, le calme du chirurgien, la vision de l’architecte.
C’est pour cela qu’on l’appelait “Docteur”.
Et c’est pour cela qu’on ne l’oubliera pas.
À sa famille, à ses coéquipiers, à ses amis,
À tous ceux qui ont vibré un jour sous ses passes précises,
Va notre pensée émue et reconnaissante.
Treize ans après, le football ivoirien se souvient.
DESIRE THEA
photo:dr
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