Sorti après 9 ans de prison dans un quasi-silence politique, le commandant Jean-Noël Abehi exprime, avec amertume, sa déception. Face à l’attitude du PPA-CI et de certains anciens camarades de lutte.
S’il dit ne pas en vouloir à qui que ce soit, il refuse qu’on l’instrumentalise ou qu’on joue avec sa loyauté passée.
« J’ai été choqué par la réaction du président Gbagbo. Depuis ma sortie de prison, je n’ai reçu aucune visite du PPA-CI. Pas un appel, pas un mot, rien. Mais je n’en veux à personne. Seulement, qu’on ne vienne pas m’emmerder. »
Le ton est posé, mais ferme. Le commandant Jean-Noël Abehi, figure emblématique de l’armée ivoirienne, ne cache pas sa déception. Il dit avoir tourné la page, mais tient à dire sa vérité.
« Une seule personne avait promis de me rencontrer. Elle ne l’a pas fait. Même pas le ministre Lida Kouassi, que j’ai pourtant servi avec loyauté et dextérité. »
Il raconte un épisode révélateur :
« Un jour, son chargé de mission a appelé par erreur sur le numéro de ma femme, pensant joindre Mme Vagba. Ma femme a répondu : “Non, ici c’est Mme Abehi.” Il s’est aussitôt confondu en excuses et a dit : “Le patron avait demandé d’appeler Mme Vagba, et une fois qu’on aura fini avec elle, on viendra peut-être voir Monsieur Abehi. On l’appellera demain.” »
Mais le lendemain n’est jamais venu. Et Abehi semble avoir compris le message.
« Je dis merci à ceux qui m’ont soutenu, de près ou de loin. Mais ceux du PPA-CI, ils n’ont qu’à rester dans leur coin. Et moi, je vais rester dans le mien. C’est mieux ainsi. »
ETHAN GNOGBO
photo:dr
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