2 ans

Une interview avec l’écrivain à l’honneur du Sila 2024, Serge bilé

Vous aimez à lutter contre l’oubli en restaurant les figures oubliées de notre histoire. Pourquoi Houphouët alors qu’il est loin d’être oublié ?

Il n’est peut-être pas oublié mais il est méconnu. Je m’intéresse à la fois aux faits historiques méconnus et aux personnages oubliés. Interrogeons 100 jeunes aujourd’hui, ils ne savent pas grand-chose d’Houphouët-Boigny.

Lors d’une dédicace l’an dernier de mon livre « Marie Thérèse, Kennedy et moi », il y a une gamine qui m’a demandé qui était cette femme en pointant du doigt la première dame sur la couverture.

Une Ivoirienne ?

Oui une Ivoirienne de 15 ans. Une élève c’est-à-dire encore à l’école. Donc oui c’est une mémoire méconnue et nous avons le devoir de restaurer cette mémoire et cette histoire auprès des générations qui passent. De 20 à 30 ans d’écart, il y a des nouvelles personnes qui arrivent mais qui ne connaissent pas l’histoire.

Ce qui fait la force des pays développés, ce sont les matraquages de leur histoire. A Paris, plusieurs fois dans l’année on vous parle de Napoléon, de De Gaulle, de Louis XIV.

 Restituer l’époque

Ici, hors mis être dans la louange pour dire : « il était beau, il était fort…» on ne sait rien de l’histoire de nos chefs. Je pense qu’il faut faire ce travail et c’est pour cette raison que j’ai choisi de faire ce triptyque : à la fois le livre, la comédie musicale et le documentaire pour Houphouët-Boigny.

Je ne sais plus dans lequel des ouvrages- vous en avez tellement- mais dans l’un d’eux vous glissez la tentative de Nelson Mandela de prendre pour épouse, Thérèse Brou, la veuve Houphouët-Boigny…

Effectivement, il faut resituer cela dans l’époque. Je ne crois pas qu’aujourd’hui ce soit possible avec des chefs d’Etat en exercice. Au-delà de sa beauté, je crois que Thérèse incarnait une stabilité pour avoir accompagné tout le règne du Président Houphouët.  Elle incarnait aussi la grandeur d’un pays et tout cela pouvait intéresser un chef comme Mandela de pouvoir s’appuyer sur une femme qui a de l’expérience politique et sait aborder les choses ?

Vous croyez ?

Je dis peut-être. Je n’ai pas la science infuse. Ce n’est donc pas inintéressant de raconter toutes ces choses qui font partie de notre mémoire, mais notre mémoire oubliée dans ce cas-ci.

Pourquoi convoquez-vous tous les arts dans votre travail ? Est-ce pour insister ou alors avez-vous le sentiment de n’être pas suffisamment entendu ?

Tout petit, scolarisé chez les Jésuites dès l’âge de 13 ans, il y a un texte qui nous a souvent été rappelé à l’école : « la parabole des talents ».

Un texte qui raconte que les êtres humains n’ont pas les mêmes talents. Il y en a à qui on donne un seul talent et il faut le faire fructifier. A d’autres, on en donne 3. Je crois que j’ai eu la chance d’avoir le talent d’être à la fois musicien. J’ai commencé mes études de musique ici à Abidjan avant de partir. J’ai également la chance d’avoir fait du documentaire parce que je suis un enfant de la télé. J’ai en plus la chance d’écrire. J’ai ces trois talents mais d’autres talents auraient pu s’ajouter. Mais il faut que je les utilise ces talents. La meilleure façon de le faire, c’est de se dire qu’on peut faire passer une idée, aborder un sujet différemment selon les médiums qu’on utilise. Celui que je touche par le livre n’est pas celui que j’atteins par la chanson et celui qui me perçoit par le cinéma n’est pas le même qui me comprendrait par un autre support. Dans le monde d’aujourd’hui, il faut passer par tout ça pour toucher des personnes différentes.

D’accord mais comment vous arrangez-vous pour écrire simplement et être fidèle aux faits en tant que journaliste et en même temps, pour parvenir à mentir en votre qualité d’écrivain ? Mentir vrai je veux dire. On s’entend

Non mais ce n’est pas le cas justement. « Mes années Houphouët », il n’y a aucune romance dedans. Ce sont Les faits, point. Le journalisme.

Le journalisme différent de l’art

Je faisais allusion à votre œuvre, l’ensemble de vos ouvrages

Dans le documentaire ce sont les faits purs. Mais quand on va sur une comédie musicale, c’est un travail artistique. Ce n’est plus le journaliste qui s’exprime mais c’est l’artiste. Et là je me permets d’amener des choses. Il y a des faits historiques sur lesquels je greffe d’autres choses. Notamment l’approche que je donne de Djoman qui s’intéresse à Thérèse Houphouët-Boigny, Thérèse Brou à l’époque, ça c’est une invention pour servir le spectacle.

En fait ce sont deux personnes différentes. Le journaliste qui s’exprime de façon carré dans un journal ou un livre et l’artiste qui s’exprime dans une chanson ou un spectacle.

Scrutons ensemble Aniaba qui ne me parait pas être un personnage sympathique…

(Rire généreux) Pourquoi il n’est pas sympathique ?

Parce que par exemple, il s’émerveille devant Notre Dame de Paris, dès les premiers moments, alors qu’il quitte l’Afrique après avoir été cuit par un environnement qui lui a proposé un rapport autre à la spiritualité. Je me dis que là Serge, le narrateur ou même l’auteur doit trancher.

Si je tranche, c’est du parti pris. Alors que moi je regarde fidèlement les textes de l’époque. Les textes des archives disent bien qu’il a été émerveillé. Je ne peux pas faire semblant d’inventer autre chose que ce que les archives me fournissent noir sur blanc.

De la même façon on me dit qu’il rentre en Côte d’Ivoire et qu’il renoue avec les fétiches. On le dit aussi.

Mon rôle n’est pas de trancher pour exprimer un parti pris mais de reproduire les textes tels qu’ils se livrent.

Il a un côté un peu Bokassaen, un peu chef d’Etat africain qui pour peu se perd et fait la révérence à l’occident
Je traduis ce qu’il est. Quand il est part ? Comment il se transforme ? Comment il se redécouvre quand il revient ? Je ne suis pas là pour le rendre sympathique, ni antipathique. Je suis là pour dire voilà ce qui s’est dit à l’époque. Certains l’ont trouvé sympathique, d’autres non.

L’écriture rend l’architecture des faits qui se sont déroulés et chacun après interprète comme il veut.

Mais si moi je viens que je dis ce n’est pas normal, ça s’est bien ça s’est mal, au nom de quoi je me permets ça ? C’est un essai que j’ai écrit. Pas un roman. Je ne peux pas me permettre d’aller au-delà

Aniaba

Vous ne voulez pas plutôt sinon vous le pouvez si vous le voulez.

Vous avez raison. Je ne veux pas me permettre ça. Je préfère dire ce que disent les textes. Je veux rester derrière les faits historiques.

Je voudrais par ailleurs vous inviter à ne point regarder ces faits avec les yeux d’aujourd’hui. Aujourd’hui, il est clair que si nous partons en France, on n’aura jamais le même comportement qu’Aniaba, sauf exception bien sûr.

A partir de là, j’essaie de donner lecture de comment les gens se comportaient à l’époque.

Vous êtes d’Aby me semble-t-il, quel est votre lien avec Amon d’Aby(Ndlr : né le 17 juillet 1913 il est décédé le 10 janvier 2007. Amon Koutouan, né François-Joseph Amon d’Aby, est un écrivain ivoirien qui fut chef du service des archives de Côte d’Ivoire. Il est le premier Ivoirien à accéder au poste d’inspecteur des affaires administratives) l’un des précurseurs de la littérature ivoirienne.

Oui Amon d’Aby est le cousin de mon père. Je n’ai pas eu la chance de le connaître. J’étais récemment au cimetière sur sa tombe et j’espère qu’elle sera réhabilitée parce qu’il mérite une plus grande place que ça.

Quand j’ai écrit mon livre « Les Boni », je me suis servi de pas mal de proverbes d’Amon d’Aby dont j’ai le livre. Je suis fils d’Aby, c’est naturellement l’auteur qui m’a marqué quand j’étais plus jeune. Partout où j’ai été, en Martinique, en Guyanne, en Guadeloupe ou à Paris, j’ai toujours emporté un livre d’Amon d’Aby avec moi.

Vous avez eu des rapports pas lisses avec votre père (Ndrl : Marcel Bilé journaliste a fait les beaux jours de la RTI. Il faisait partie, avec Georges Taï Benson, des derniers pionniers de la maison bleue à Cocody. Il est décédé l’an dernier à l’âge de 90 ans à Abidjan) Mais vous avez fini par vous entendre. Et finalement tout ça était prévisible puisque il se raconte partout que vous êtes pareils. C‘est vrai ?

Il disait à ses amis : « qu’est-ce que je peux reprocher à mon fils Serge puisqu’il me ressemble ? Il est têtu comme moi ! »

En réalité j’étais sa photocopie. Et c’était normal qu’on ne s’entende pas. Mais il était fier de moi et moi aussi j’étais fier de lui. Et c’est ça le plus important.

A  quel moment vous pleurez ?

Quand mon père meurt, ma mère meurt. Je pense surtout à la mort d’un parent avec qui j’ai un attachement. Sinon je pleure très peu.

Vous ne pouvez pas pleurer pour un prix, une consécration ?

Non ça jamais

Moi je vous ai vu pleurer à Marcory, au milieu d’élèves qui vous avaient fait un accueil chaleureux, une grosse ovation.

Si ce sont des enfants je peux dire oui. C’est probable. Et je peux vous dire ce à quoi ça me fait penser. J’ai rencontré Ange N’Dakpri, il y a quelques jours pour préparer le programme de mon séjour. Ils m’ont prévu une rencontre avec les universitaires. Je lui ai dit c’est très bien ! Mais moi je veux rencontrer les enfants. Les lycéens, les collégiens. La transmission pour moi c’est hyper important. Je le fais ici, je le fais en Martinique, en France. Pour moi c’est important d’aller voir des jeunes de seconde, de terminale et leur dire un certain nombre de choses pour que demain ça puisse faire réfléchir.

Je suis attaché à la transmission. Si j’ai pleuré ce jour-là auquel vous faites allusion, c’est parce que c’était des enfants.

N’avez-vous pas conscience de l’ampleur du travail ? Et par moment l’impression que les gens n’ont pas envie d’écouter. Ils n’ont pas envie qu’on leur serve leur histoire et que ça ne les intéresse pas ?

J’ai cette chance inouïe. C’est que je n’attends rien de ce monde.

Je suis de ceux qui se disent qu’ils ont un travail à faire et ils le font. Donc…

Faites votre part

Exactement c’est le mot. J’ai toujours cette phrase. Il faut faire sa part et si chacun fait sa part, c’est tout le monde qui avance. Et donc je fais juste ma part. Je ne serai peut-être pas reconnu de mon vivant. Je ne le serai que peut-être après, mais j’aurais fait ma part. Parce que je me dis qu’on ne peut pas passer sa vie à critiquer les hommes politiques et à ne pas faire sa part. Il faut les critiquer et puis donner sa part. Moi je fais juste la mienne et puis on verra. Si demain il en reste quelque chose- j’espère qu’il en restera quelque chose -c’est tant mieux. C’est important de ne pas attendre une récompense. Si tu attends une récompense en retour, ce n’est pas la peine…

Un peu comme Ronsard reconnu un ou deux siècles plus tard ou même Azo Vauguy ici en Côte d’Ivoire.

En tout cas je suis hors de ça. Si je devais gagner de l’argent au nombre de livres que j’ai fait, j’en ai fait 29 ou 30, j’aurais été millionnaire mais c’est tout l’inverse. On perd de l’argent à faire des livres mais que c’est passionnant !

Ça rend fou de joie. Vous êtes content de le faire, de vivre cette vie mais…

Oui après vous vous grattez la tête

Vous parlez de se gratter la tête, Vous étiez éditeur au fait ?

Je le suis toujours. Ça vous fait passer votre temps à calculer ce que vous avez gagné et il faut immédiatement le réinvestir. Vous ne gardez jamais rien dans votre poche mais les gens pensent que vous êtes millionnaire. Mais  on ne fait pas ça pour de l’argent…

….

Je lisais Maryse Condé qui disait que lorsqu’elle est rentrée en Guadeloupe en 1986, la seule chose qui intéressait ses élèves dans les écoles, ce n’était pas sa qualité littéraire mais sa situation financière. C’est pour vous dire que c’est une réflexion qui est générale

Autre chose, et si l’on était amené à penser que vous étiez raciste.

Ce n’est pas impossible

Si si parce que le raciste, c’est certes celui qui déteste l’autre à cause de la couleur de sa peau. Mais c’est aussi celui qui aime l’autre pour la couleur de sa peau. Et vous Serge, vous volez au secours des Noirs, vous aidez les Noirs, vous les aimez parce qu’ils sont noirs. 

Moi je suis choqué de savoir que nous sommes occultés de l’histoire. Je me dis qu’il y a un travail à faire. C’est vrai que je pourrai écrire sur d’autres personnages. J’ai écrit sur les Amérindiens d’ailleurs.

Si si c’est vrai.

Je pourrai écrire sur des Blancs mais ils ont tellement de livres qui leur sont consacrés que je me dis que le peu de temps que j’ai sur terre, il faut que j’aille déterrer les choses qui nous concernent et puis demain, une fois que tous ces gens-là seront reconnus, que d’autres livres seront écrits sur eux, sous d’autres angles, on sera dans quelque chose de différent.

Mais pour l’instant oui, il faut faire le travail.

Mais je dis toujours aussi que ce n’est pas parce qu’on a un intérêt pour ce que nous sommes qu’on ne brosse que le tableau le plus avantageux.

Quand j’écris « Sombres bourreaux » un livre sur des Noirs fans d’Hitler, ce n’est pas non plus très reluisants pour les Noirs. Mon but ce n’est donc pas de dire que nous sommes les plus beaux parce que nous avons été oubliés par l’histoire. C’est juste de dire nous avons une place dans l’histoire, on la restitue. Elle peut être belle comme pas belle.

A votre livre« Et si Dieu n’aimait pas les Noirs », l’auteur Francis Barbey avait réagi avec «Et si Dieu aimait les Noirs » 

C’est un prêtre mais il est à côté de la plaque parce que la question la mienne en tout cas, ce n’était pas par rapport au fait que Dieu aime ou pas les noirs. C’était plutôt une allégorie pour raconter le racisme que vivent les religieuses et les prêtres africains au Vatican. Soutenir que dieu aime les Noirs c’est occulter un drame que vivaient beaucoup de Noirs en Italie à l’époque. Je ne sais pas si les choses se sont arrangées mais c’était ça qu’il fallait percevoir. Pour quelqu’un comme moi élevé chez les Jésuites, je sais comment l’Eglise catholique a véhiculé toutes ces fausses images du Noir qui sent mauvais, qui est laid, qui est relégué aux enfers…on connait la malédiction de Cham.

Un moment donné, il faudrait que les prêtres qui écrivent ce genre de livres se remettent en question. C’est vrai que nous entrons dans une église mais est-ce qu’on connait son histoire, son rapport aux Noirs, son rapport aux Africains ?

C’est important. Je ne suis pas de ceux qui disent qu’il ne faut pas être catholique, musulman ou autres. Je n’ai aucun droit pour porter un jugement sur la religion des gens. Je dis simplement que quand on rentre dans une maison, il faut savoir quels sont ses fondements, ses soubassements, qu’est-ce qu’il y a dans la cave. Mieux vaut tout savoir. J’ai permis à beaucoup de chrétiens, de pouvoir savoir beaucoup de choses grâce à ce livre. Et je reste totalement ouvert encore puisque je discute beaucoup avec des catholiques et certains de mes très bons amis sont prêtres. Je n’ai pas de problèmes avec la religion.

Face à votre travail, les forces d’inertie sont énormes ici et sont souvent installées par les Noirs eux-mêmes. Et si les Noirs n’aimaient les Noirs ?

(Rires) Je m’attendais plutôt à cette phrase « Si tu veux cacher une chose aux Noirs, mets la dans un livre ».

A dire vrai, dans un pays normal, un écrivain comme moi ou bien d’autres, ce qu’il aurait fallu faire c’est de les instaurer au programme scolaire ou ce genre de choses. Ou alors un ministre ou une ministre de l’Education nationale se fait fort de passer un coup de fil pour échanger autour d’un déjeuner par exemple.

Mais nous sommes ignorés par tous ceux  qui ont un pouvoir et qui nous gouvernent. Ils ne voient peut-être pas l’intérêt mais ils ne savent pas que les choses importantes à faire c’est de construire un pays. Et construire un pays ça passe en premier par la construction de l’humain.

C’est bien les ponts, c’est très bien les routes, je n’ai rien à dire par rapport à ça. Mais il faut construire l’humain parce que demain, plus tard, si l’humain se dégrade tout le reste va se dégrader aussi parce que ceux qui ont construit peuvent être totalement ennuyés par d’autres qui vont venir et casser tout ça. Alors que si vous construisez l’humain, il y aura une continuité. On a construit le pont aujourd’hui. Ceux qui viennent après vont l’embellir plus tôt qu’autre chose.

Donc oui ça me navre de savoir que on n’est pas prise en compte pour ce que nous faisons, pour ce que nous représentons pour la Côte d’Ivoire. Mais je reviens à mon propos….

Vous ne vous attachez pas à ces choses là

Exactement ! J’ai un travail à faire, je le fais.

Je suis jaloux de ma liberté

Et puis en vérité, même si j’étais déjà libre, ça me rend encore plus libre de ne pas avoir des attachements avec des gens qui ne comprennent pas. Quand vous êtes attachés aux gens vous êtes moins libre et vous ne vous exprimez pas comme il faut, vous soupesez le pour et le contre, vous faites attention à ne pas blesser. Donc je fais le travail. S’il est reconnu tant mieux. S’il n’est pas reconnu de mon vivant, il le sera plus tard. Et s’il n’est pas reconnu après ma mort ce n’est pas grave.

Comment vous expliquez-vous ce rapport difficultueux que les hommes de pouvoir entretiennent avec le savoir, la pensée ?

Je me souviens du post d’un Ivoirien qui faisait ressortir la différence entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Il a dit que c’était la différence entre Senghor qui a privilégié le savoir la formation l’intellect, quand Houphouët a privilégié l’argent et l’économie. Ça fait une différence énorme. Et nous vivons encore les conséquences. Certes notre pays est plus développé que le Sénégal mais la structure intellectuelle du Sénégal est extraordinaire. Même dans la classe politique, leur indépendance d’esprit, leur liberté de ton est de mise.

Si un politicien sénégalais issu d’un parti anonyme ou connu vient à flancher, il y en a un autre qui se relèvera et prendra le flambeau. Or nous avons privilégié l’argent. La phrase : ‘‘le succès de ce pays repose sur l’agriculture’’ voulait dire simplement : « enrichissez-vous ! ». Quand on voit la différence entre ces deux pays on comprend pourquoi nos dirigeants n’attachent pas d’importance à la culture. Que représentent le livre et le débat intellectuel.

Entretien réalisé par

ALEX KIPRE

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