Face aux sollicitations répétées, Serge Bilé a choisi d’interroger publiquement l’engagement réel autour de ses documentaires historiques.
Journaliste, écrivain et documentariste reconnu, il s’est imposé depuis des années par ses enquêtes exigeantes et rigoureuses.
Son travail explore sans détour les zones d’ombre de l’histoire africaine et les mémoires souvent marginalisées.
Ces dernières semaines, son mur et ses messages privés débordent de demandes réclamant davantage de films sans tabous.
Beaucoup saluent son courage éditorial et souhaitent voir émerger de nouveaux récits critiques sur l’histoire ivoirienne contemporaine.
Mais produire des documentaires indépendants nécessite des ressources financières stables, bien supérieures aux simples encouragements virtuels enthousiastes.
Serge Bilé propose donc la création d’une plateforme dédiée où chaque film serait accessible contre mille francs CFA.
Cette contribution modeste, environ deux euros, transformerait l’intérêt déclaré en soutien concret et mesurable à la production.
L’objectif est précis : atteindre au moins trente mille connexions payantes pour chaque nouveau documentaire mis en ligne.
Un tel seuil permettrait de constituer un fonds de roulement garantissant autonomie, continuité éditoriale et qualité technique durable.
En dessous de ce chiffre, prévient-il, l’aventure deviendrait économiquement fragile et difficilement soutenable sur le long terme.
Son message pose une question fondamentale sur la responsabilité collective face à la mémoire nationale partagée.
Peut-on réclamer davantage de contenus courageux sans accepter d’en soutenir financièrement la réalisation indépendante ?
Il s’adresse aux Ivoiriens attachés à leur histoire, mais aussi aux diasporas et aux publics curieux ailleurs.
Au-delà du débat tarifaire, c’est une invitation à transformer l’émotion numérique en engagement culturel tangible et durable.
De cette mobilisation concrète dépendra peut-être la naissance d’un espace documentaire ivoirien libre et pérenne.
HARON LESLIE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

