Kouassi Adjoua Odette s’est éteinte le 18 septembre 2026 au Chu d’Angré, laissant derrière elle le souvenir d’une femme au caractère trempé.
Mère de cinq enfants, dont trois filles, elle était avant tout une femme d’honneur, profondément attachée à la dignité.
Dans son univers, l’honneur n’était pas un simple mot, mais une manière de vivre, de parler et d’assumer ses choix.
Elle ne fuyait pas la palabre lorsque celle-ci devenait nécessaire pour défendre une vérité, une famille ou une dignité.
Elle affrontait les situations avec courage, sans détour, portée par une personnalité qui ne se laissait pas facilement impressionner.
Sa franchise pouvait être directe, parfois rude, mais elle traduisait une exigence profondément ancrée dans sa conception de l’honneur.

Kouassi Adjoua Odette était également une femme profondément attachée à son identité et à la mémoire de ses ancêtres.
Elle avait reçu un héritage où le chant, la parole proverbiale et la transmission occupaient une place essentielle.
Elle était gouro, même si son prénom Adjoua pouvait parfois conduire certains à la prendre pour une femme baoulé.
Dans la tradition akan, Adjoua désigne généralement une femme née un lundi, mais son identité demeurait profondément gouro.
Cette appartenance, elle souhaitait la transmettre à ses enfants, particulièrement à son dernier fils, Ted Azouma.
Directeur exécutif de l’INADCI, celui-ci recevait de sa mère bien davantage que des souvenirs, mais aussi des valeurs.
Elle voulait lui transmettre une certaine conception de l’honneur, de la famille, de la parole donnée et du respect.
Cette volonté rejoint certains travaux dans le 7e art de Jacques Trabi sur la culture gouro. Notamment son premier film intitulé Bouzié, signifiant mère.
La figure maternelle prend ici une résonance particulière, celle d’une femme devenue dépositaire d’une mémoire culturelle et familiale.
Kouassi Adjoua Odette s’en va, mais son caractère, ses paroles et ses valeurs continueront de vivre parmi les siens.
Elle laisse l’image d’une femme d’honneur, fidèle à ses convictions et qui n’a jamais reculé devant rien, la palabre notamment.
Aujourd’hui, le sourire de Ted Azouma raconte peut-être, à lui seul, une part de cet héritage. Celui d’une mère qui aura transmis bien plus qu’un nom : une identité, une exigence, une mémoire et une certaine idée de l’honneur.
Kouassi Adjoua Odette s’en est allée le 18 septembre 2026. Mais à travers son enfant, ses valeurs et les souvenirs qu’elle laisse, sa voix continuera de résonner.
Une femme d’honneur disparaît. Une mémoire demeure.
AK
POUVOIRS MAGAZINE

