Le marché mondial de la dette atteint des sommets historiques, tandis que les États-Unis dominent encore face à une Chine ambitieuse.
Le marché mondial des obligations et autres titres de créance négociables atteint désormais 160 700 milliards de dollars, selon les données de la BRI.
Ce montant colossal regroupe les titres émis par les gouvernements, les établissements financiers et les entreprises non financières.
Les États-Unis occupent largement la première place, avec 61 200 milliards de dollars, représentant environ 38,1 % du marché mondial.
L’Union européenne arrive deuxième avec 31 100 milliards, devant la Chine, dont l’encours atteint désormais 28 700 milliards de dollars.
Cette domination américaine demeure considérable, mais plusieurs indicateurs suggèrent progressivement une recomposition du marché mondial des titres de créance.
Malgré une progression américaine de 5,2 %, la part des États-Unis recule ainsi de 40 % à 38,1 %.
Dans le même temps, la Chine poursuit son ascension spectaculaire, portée par une expansion exceptionnelle de son marché obligataire domestique.
Entre 2015 et 2025, l’encours chinois passe de 7 800 à 28 700 milliards de dollars, soit presque quatre fois davantage.
Cette progression transforme profondément l’équilibre mondial, même si elle révèle également certaines fragilités liées au modèle économique chinois actuel.
La concentration reste toutefois spectaculaire, puisque les États-Unis, l’Union européenne et la Chine représentent ensemble 75,4 % du marché mondial.
Avec le Japon, cette concentration atteint 82,1 %, confirmant la domination persistante des grandes puissances économiques mondiales.
Cette concentration constitue une force pour la liquidité, mais représente également un risque majeur lorsque surviennent des chocs financiers internationaux.
Par ailleurs, la hausse des coûts d’emprunt encourage plusieurs économies à privilégier des maturités plus courtes, augmentant les risques futurs.
Les tensions géopolitiques, commerciales et macroéconomiques pourraient également accroître la volatilité des marchés mondiaux de dette dans les prochains mois.
Les États-Unis restent donc incontournables, mais leur domination ne doit plus être considérée comme définitivement acquise.
La progression chinoise et l’évolution des parts de marché annoncent progressivement un système mondial de dette davantage multipolaire.
L’enjeu pour 2026 sera donc de mesurer si cette transformation traduit une diversification saine ou une nouvelle accumulation de vulnérabilités.
CAMUS BOMISSO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

