En 2025, l’éolien mondial franchit un nouveau record, porté par une accélération chinoise qui redessine profondément les équilibres énergétiques mondiaux.
Avec 130 gigawatts installés en une seule année, la Chine représente désormais l’essentiel de la croissance éolienne mondiale annuelle.
L’Inde, les États-Unis, l’Allemagne, le Vietnam et le Brésil complètent les principaux marchés, mais restent largement derrière Pékin.
Cette dynamique spectaculaire interroge directement la géographie future de l’énergie, alors que les investissements renouvelables continuent d’accélérer partout.
La Chine représentait déjà 58% des nouvelles installations mondiales en 2022, avant d’atteindre 77% en 2025.
En trois années seulement, cette progression traduit une concentration exceptionnelle du développement éolien autour d’un acteur devenu véritablement incontournable mondialement.
Cette domination repose également sur une industrie manufacturière puissante, capable de produire rapidement turbines, composants et infrastructures nécessaires au déploiement massif.
Pour autant, la croissance éolienne ne se limite pas aux performances chinoises, puisque certains marchés émergents affichent également des progressions remarquables.
Le Vietnam illustre cette transformation, avec une capacité nouvelle significative malgré une base installée encore très inférieure aux grands producteurs.
À l’échelle mondiale, la capacité éolienne cumulée atteint désormais 1 299 gigawatts, confirmant une trajectoire vers le deuxième térawatt.
Le premier térawatt avait été franchi en 2023, tandis que le prochain pourrait être atteint dès 2029.
Cette accélération témoigne simultanément des progrès technologiques, de la baisse des coûts et de politiques énergétiques favorisant les renouvelables.
Elle révèle surtout une nouvelle réalité industrielle, dans laquelle quelques marchés concentrent désormais une part croissante des investissements mondiaux.
La question n’est donc plus seulement celle du potentiel éolien, mais celle de la répartition géographique future.
La Chine apparaît ainsi comme le principal moteur actuel, tandis que plusieurs économies cherchent encore leur propre rythme.
L’enjeu des prochaines années sera de déterminer si cette concentration se poursuit ou si de nouveaux pôles émergent.
Au-delà des chiffres, cette évolution confirme que l’éolien devient progressivement une infrastructure énergétique mondiale majeure, appelée à transformer durablement les systèmes électriques
CAMUS BOMISSO
POUVOIRS MAGAZINE

